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    <title><![CDATA[La montagne ronde (Carami)]]></title>
    <link>http://www.lamontagneronde.net/categorie-716044.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Carami&quot; du blog &quot;La montagne ronde&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[La montagne ronde (Carami)]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/categorie-716044.html</link>
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    <pubDate>Thu, 01 Jan 2009 17:53:07 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 01 Jan 2009 17:53:07 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2009, NC NC</copyright>            <category>Carami</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Note à moi-même]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/article-18856722.html</link>        <description><![CDATA[Si, dans un avenir improbable, je reprends <em>Carami</em>, penser à insister sur l'aspect "naissance d'une nation, création d'une mythologie". Avec toute la littérature que je me farcis sur les
  mythes dans le cadre de mon mémoire de M2, ce serait dommage de ne pas la mettre à profit.<br>
  <br>
  ...Sans compter que, sans blague, c'est passionnant, et mine de rien la thématique est en arrière-plan de toute l'histoire. Pensez : créer un monde imaginaire, quel qu'il soit, c'est forcément
  imaginer ses façons de penser, ses dieux, ses légendes, tout ce avec quoi les auteurs de fantasy s'éclatent depuis un demi-siècle. Vous vous rendez compte qu'en plus de quatorze ans, je n'ai encore
  jamais approfondi la question de ce en quoi croient les Caramènes ? Ca va changer (si ça vous intéresse, Mazya-Caramina étant un pays issus de brassages culturels, je prévois de faire se côtoyer
  les croyances anciennes des Mariens, qui me font penser à la religion romaine d'avant l'hellénisme, avec divers Etres Suprêmes venus des quatre coins du monde et une portion de culte des êtres
  magiques qui partagent le territoire avec les humains : Carames et Ondins essentiellement, avec peut-être une importance marginale des Aevines qui après tout passent dans le coin de temps à
  autre).<br>
  <br>
  Ensuite, nous avons le roi Carlino et son entreprise de recréation de la nation caramène à partir du point zéro de l'Assèchement. Forcément, il va chercher à resserrer son peuple autour de mythes
  fondateurs, avec lui-même en figure messianique et la Reine-Mère en quasi-divinité - vu ses pouvoirs magiques et le caractère fondamentalement étranger des Ondins, les Caramènes en seraient venus
  d'eux-mêmes à les révérer comme des puissances de la nature de toute manière. Accessoirement, l'établissement d'une mythologie nationale passe aussi par l'insistance sur les figures de Mazya la
  Fondatrice et surtout de l'autre reine-mère, la biologique, Flama (un personnage pour lequel j'ai une sympathie mal expliquée, voir le mini-récit que j'avais consacré à sa vie <a href=
  "http://www.lamontagneronde.net/article-4761434.html">ici</a>).<br>
  <br>
  A cette version de l'Histoire, les magiciens, qui sont la principale communauté antagoniste, vont forcément chercher à opposer la leur, qui va chercher du côté des grandes Lignées issues d'Elmarie
  et de leur rôle dans la fondation de Mazya-Caramina. Ce qui donne à mon héroïne, Alida, une importance symbolique qu'elle pourra utiliser mais avec laquelle elle devra sans doute aussi se
  débattre.<br>
  <br>
  Mais la mythologie n'est qu'un aspect de ce que je voudrais arriver à faire. A savoir, unir encore plus l'ensemble de la nation caramène, avec sa civilisation, ses structures, etc., à la personne
  du roi Carlino, et faire de l'exploration du pays une sorte d'exploration du personnage. Ca donnerait sans doute un interêt renouvelé à cette histoire qui est, faut le dire franchement, assez
  cliché (grosso modo, de vaillants rebelles se dressent contre un tyran avec l'aide de puissants magiciens...), et j'aurais bien besoin de ça pour me motiver à la reprendre.<br>
  <br>
  Bon, ça ne résoudrait pas tout, notamment : qu'est-ce que je fais des Catiannistes et de Malia, comment maintenir le suspense dans la troisième partie, que cherche exactement Noran, que va faire
  Admara, dois-je garder le maître des prisons, comment introduire ce satané chapitre 1, quel sera le rôle d'Eilan et de sa petite famille, celui de Monalim Vanna, à quel niveau dois-je entrer dans
  la tête de Carlino, que faire de la corporation des historiens, <em>comment démêler cette satanée cochonnerie de fichue deuxième partie ?<br>
  <br></em>(Et la plus importante : QUAND trouverai-je le temps de faire tout ça ?)<br>]]></description>
        <pubDate>Fri, 18 Apr 2008 19:21:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lamontagneronde.net/article-18856722.html</guid>
                <category>Carami</category>        <comments>http://www.lamontagneronde.net/article-18856722-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Portrait de famille]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/article-5705835.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: center;"><img src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/carami/andreani.jpg" alt="" /><br /><br />
<div style="text-align: left;">Nouveaux personnages, nouvel incipit, nouvelles intrigues, nouvelles dynamiques... Je sens que l'&eacute;criture de <span style="font-style: italic;">Carami </span>repart sur de bonnes bases ! <br /></div>
</div>]]></description>
        <pubDate>Mon, 19 Feb 2007 11:00:08 +0100</pubDate>        <guid >http://www.lamontagneronde.net/article-5705835.html</guid>
                <category>Carami</category>        <comments>http://www.lamontagneronde.net/article-5705835-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Quinzadio Algalinda]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/article-3792849.html</link>        <description><![CDATA[Le <span style="font-style: italic;">seigneur </span>Quinzadio Algalinda, s'il vous pla&icirc;t. Ce n'est qu'un des noms de ce personnage qui se prom&egrave;ne &ccedil;&agrave; et l&agrave; dans <span style="font-style: italic;">Carami</span>, ni gentil ni m&eacute;chant, n'appartenant &agrave; aucun des camps en pr&eacute;sence si ce n'est au sien propre, capable de vous raconter de belles histoires un jour et de vous trahir le lendemain ; &eacute;rudit vagabond, menteur expert, aristocrate le matin et magicien le soir, m&eacute;decin quand &ccedil;a l'inspire, escroc par tous les temps. Pour diverses raisons, les relations sont relativement tendues entre <a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3202554.html">Noran </a>et lui ; pour parler clairement, ils ne peuvent pas se voir. Une des raisons en est sans doute que Quinzadio est le seul, &agrave; part <a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3153036.html">Alida</a>, &agrave; percer Noran &agrave; jour, et qu'il tient &agrave; le lui faire savoir au moyen d'allusions plus ou moins fines. <br /> <br />Le seigneur Quinzadio est assez vieux pour avoir connu l'Engloutissement ; il a vu de ses propres yeux les quarante-quatre ann&eacute;es de r&egrave;gne de Carlino. Mais il pr&eacute;f&egrave;re l'Histoire &agrave; la r&eacute;alit&eacute;, et se moque de savoir que l'Histoire a pu &ecirc;tre arrang&eacute;e a posteriori, tant qu'elle lui permet d'exercer tout son talent de conteur. Pour lui, la v&eacute;rit&eacute; est ce qui a les plus jolies couleurs. Il serait un propagandiste id&eacute;al &agrave; la solde du Roi, s'il pouvait &ecirc;tre vraiment &agrave; la solde de qui que ce soit.  <br /><br /><br /><br />
<div style="text-align: center;"><img width="400" height="400" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/carami/quinzadio.jpg" alt="" class="" /><br /><br />Une seule chose ne change pas avec les diverses identit&eacute;s du seigneur Quinzadio : son art du ronchonnage. <br /><br /><br />
<div style="text-align: left;">Ci-dessous, un extrait du chapitre 8 de la premi&egrave;re partie ; le &quot;elle&quot; du d&eacute;but d&eacute;signe <a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3234975.html">Lerhyn</a>. Quant au &quot;seigneur Monalim Vanna&quot;, c'est une fausse identit&eacute; prise par Noran (il y a bien un vrai Monalim Vanna, ceci dit, il fait son apparition dans la deuxi&egrave;me partie, j'en parlerai peut-&ecirc;tre), au moyen des oripeaux d'aristocrate de com&eacute;die du seigneur Quinzadio, qui passent donc d'un vagabond d&eacute;guis&eacute; en seigneur &agrave; un seigneur devenu vagabond d&eacute;guis&eacute; en seigneur... <br />  </div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"> </p>
<div class="hitencart">
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">Elle r&eacute;int&eacute;gra l&rsquo;H&ocirc;tel du Lac &agrave; la nuit tomb&eacute;e, &eacute;puis&eacute;e et frigorifi&eacute;e, mais bien d&eacute;cid&eacute;e &agrave; ne rien laisser voir&nbsp;; cela ne les regardait pas. Elle grimpa l&rsquo;escalier sombre qui menait &agrave; la luxueuse salle commune au premier &eacute;tage, entra en plissant les yeux pour ne pas &ecirc;tre &eacute;blouie par la profusion de lampes et de feux, et rejoignit le seigneur Quinzadio qui &eacute;tait attabl&eacute; dans un coin devant une tasse fumante. T&ecirc;te nue et sans manteau nobiliaire, il donnait &agrave; Lerhyn l&rsquo;impression d&rsquo;avoir perdu la moiti&eacute; de son volume&nbsp;; d&rsquo;autant qu&rsquo;il &eacute;tait passablement avachi. Comme il &eacute;tait le seul client dans la pi&egrave;ce, les deux serveurs assis devant le po&euml;le ne le quittaient pas des yeux. </p>
<div style="text-align: left;">  </div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">&laquo;&nbsp;Tiens, seigneur Quinzadio, on vous a laiss&eacute; quitter le lit&nbsp;? Vous n&rsquo;&eacute;tiez pourtant pas tr&egrave;s brillant cet apr&egrave;s-midi, remarqua-t-elle. </p>
<div style="text-align: left;">  </div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">- &Ccedil;a, tu peux le dire, r&eacute;torqua le seigneur d&rsquo;une voix &eacute;raill&eacute;e, en dardant sur elle des yeux rouges. Mais&hellip; dis-moi&hellip; quel nom m&rsquo;as-tu donn&eacute;&nbsp;? Quinzadio&nbsp;? Tu sais bien que je m&rsquo;appelle Quinti. Franchement, qui peut oser s&rsquo;appeler Quinzadio, &agrave; part un de ces aristos pompeux&nbsp;? </p>
<div style="text-align: left;">  </div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">- Ah, tiens&nbsp;? Vous n&rsquo;&ecirc;tes plus noble&nbsp;? s&rsquo;&eacute;tonna Lerhyn. </p>
<div style="text-align: left;">  </div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">- Il y en a d&eacute;j&agrave; un dans ce groupe, r&eacute;pondit-il en d&eacute;signant le plafond d&rsquo;un geste maussade. Il n&rsquo;y a pas la place pour deux. Tant pis, mais apr&egrave;s tout, je suis bien mieux qu&rsquo;un noble, moi, bien mieux&hellip; </p>
<div style="text-align: left;">  </div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">- Vous &ecirc;tes quoi&nbsp;? </p>
<div style="text-align: left;">  </div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">- Un <em>magicien</em>, chuchota-t-il ( cela dit, cela ne changea pas grand-chose &agrave; sa voix d&eacute;j&agrave; bien maltrait&eacute;e par la grippe ). Et, voyant que Lerhyn ouvrait de grands yeux&nbsp;: Oui, mademoiselle&nbsp;! Un magicien de la plus grande lign&eacute;e magique qui ait jamais exist&eacute; en Carami. Mes anc&ecirc;tres ont eu des pouvoirs qui te feraient fr&eacute;mir, gamine, rien qu&rsquo;&agrave; les imaginer&hellip; Quinti Alliyo, c&rsquo;est mon nom, Quinti Alliyo de la Lign&eacute;e d&rsquo;Allimara, h&eacute;ritier direct de Lanuri-Lella en personne&nbsp;! H&eacute;las, les temps ne sont plus favorables aux Grands Magiciens, de nos jours&hellip; oblig&eacute;s de nous cacher&hellip; Mais je sais des choses&hellip; Des choses&hellip; ( Sa voix se cassa et il partit dans une quinte de toux monumentale. ) Allez, conclut-il d&rsquo;une voix all&egrave;gre &ndash; ou qui voulait l&rsquo;&ecirc;tre &ndash; &agrave; ma sant&eacute;&nbsp;!&nbsp;&raquo; Et il avala une grande gorg&eacute;e de son grog, avant de reposer la tasse sur la table et de s&rsquo;avachir encore un peu davantage. </p>
<div style="text-align: left;">  </div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">&laquo;&nbsp;Ouais, je crois que vous en avez besoin, fit Lerhyn. Et No&hellip; euh, le seigneur Vanna, il est o&ugrave;, lui&nbsp;? </p>
<div style="text-align: left;">  </div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">- En haut, r&eacute;pondit Quinti-Quinzadio en gardant le nez plong&eacute; dans son grog. Je ne sais pas ce qu&rsquo;il fabrique, mais c&rsquo;est louche. Depuis le d&eacute;but de l&rsquo;apr&egrave;s-midi, j&rsquo;essaie de lui demander quand est-ce qu&rsquo;il a l&rsquo;intention de m&rsquo;aider comme il me l&rsquo;a promis&hellip; mais tu connais ces nobles, hein. D&egrave;s qu&rsquo;il s&rsquo;agit de rendre service, il n&rsquo;y a plus personne&nbsp;!&nbsp;</p>
<div style="text-align: left;">  </div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">- Euh&hellip; bon&nbsp;&raquo;, fit Lerhyn en dissimulant son &eacute;tonnement. Laissant l&rsquo;incompr&eacute;hensible individu qu&rsquo;elle croyait conna&icirc;tre se mirer dans sa tasse, elle escalada deux &agrave; deux l&rsquo;escalier menant aux chambres, et ouvrit &agrave; toute vol&eacute;e la porte de la suite allou&eacute;e au seigneur Monalim Vanna. </p>
<div style="text-align: left;">  </div>
</div>
<div style="text-align: left;"><br /><br /><br /> </div>
</div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 10 Sep 2006 12:13:54 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lamontagneronde.net/article-3792849.html</guid>
                <category>Carami</category>        <comments>http://www.lamontagneronde.net/article-3792849-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Carami, chapitre 1 (6 et fin)]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/article-3732366.html</link>        <description><![CDATA[<span class="postbody"> Et voil&agrave; enfin la fin ! <br /><br />C'est un gros pav&eacute;, d&eacute;sol&eacute;e, mais ceux qui ont surv&eacute;cu &agrave; la lecture des &eacute;pisodes du blog de Chlo&eacute; Zinalla ne devraient pas en &ecirc;tre plus effray&eacute;s que &ccedil;a. <br /><br />Le d&eacute;but c'est ici <a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3583543.html"><img align="absmiddle" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/liens/fleche.gif" alt="" /></a>, la partie 5 est juste au-dessous de celle-ci. <br /><br /><br /><br />Le surlendemain, donc, il &eacute;tait &agrave; l&rsquo;autre bout de Selmina, et frappait selon un rythme pr&eacute;cis &agrave; une porte perc&eacute;e dans un mur gris r&eacute;barbatif. <br />  <br /> &laquo; Quand l&rsquo;air est libre ? chuchota la voix de l&rsquo;Enchanteur de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;.  <br />  <br /> - Oh, &ccedil;a va, r&eacute;pondit Noran en ouvrant la porte au nez de son second. C&rsquo;est moi. Tout est pr&ecirc;t ?  <br />  <br /> - Presque ! r&eacute;pondit l&rsquo;Enchanteur, dont les lunettes &eacute;taient tout embu&eacute;es d&rsquo;enthousiasme. Le tonneau de poudre est l&agrave; &ndash; G&eacute;o et ses gars viennent de l&rsquo;amener, je ne sais pas ce qu&rsquo;ils ont fichu avec mais l&rsquo;essentiel est qu&rsquo;il soit arriv&eacute; &agrave; bon port, pas vrai ? Et toi ? Les nouvelles ? <br />  <br /> - Le convoi est en route ! Je suis venu par les toits d&egrave;s qu&rsquo;ils sont partis, &agrave; la vitesse o&ugrave; ils avaient l&rsquo;air partis &ccedil;a devrait nous laisser dix bonnes minutes pour tout mettre en place. J&rsquo;ai laiss&eacute; &Eacute;toile et les filles en arri&egrave;re-poste au cas o&ugrave; il faudrait ralentir. Nom d&rsquo;un Ondin, quand je pense que d&rsquo;ici un quart d&rsquo;heure maximum... <br />  <br /> - Dis, &ccedil;a va aller ? Tu as l&rsquo;air tout chose. Bon, ne reste pas plant&eacute; l&agrave; dans l&rsquo;entr&eacute;e, viens... &raquo; <br />  <br /> L&rsquo;Enchanteur attrapa son chef par la manche et le conduisit de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; du mur, dans une petite cour de pierre gris&acirc;tre o&ugrave; se trouvait d&eacute;j&agrave; la moiti&eacute; de la bande. Noran saisit le bras de son second. <br />  <br /> &laquo; Non mais &ccedil;a ne va pas ? Tu as dit &agrave; tout le monde de venir ?  <br />  <br /> - En couverture ! Au cas o&ugrave; ! se d&eacute;p&ecirc;cha de se justifier l&rsquo;Enchanteur. J&rsquo;esp&egrave;re bien qu&rsquo;on n&rsquo;aura jamais besoin de tout &ccedil;a, mais on ne sait jamais... Et puis, pour &ecirc;tre franc, dans le tas il n&rsquo;y en a pas un qui aurait accept&eacute; de rester derri&egrave;re. Tes hommes t&rsquo;aiment, tu es au courant quand m&ecirc;me ? <br />  <br /> - Hmm, r&eacute;pondit-il distraitement. O&ugrave; est l&rsquo;arquebuse ?  <br />  <br /> - Pas encore l&agrave;, d&eacute;clara Linni qui s&rsquo;occupait, assis sur un tonneau, &agrave; faire griller &agrave; la flamme d&rsquo;une lanterne un morceau de galette vol&eacute; Dieu sait o&ugrave;. Ton &eacute;nergum&egrave;ne en cache-nez nous l&rsquo;a promise pour ce soir, mais... <br />  <br /> - Quoi ? Mais enfin, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il fabrique ? Le convoi est &agrave; dix minutes, mal&eacute;diction !  <br />  <br /> - Du calme, capitaine... prends donc un peu de galette, on ne peut pas faire sauter un tyran avec rien dans le ventre.  <br />  <br /> - Eh ! cria l&rsquo;Enchanteur. Tu es timbr&eacute; ? Range-moi cette flamme tout de suite ! Est-ce que tu sais sur quoi tu es assis ?  <br />  <br /> - Quoi, c&rsquo;est le... ( Linni se leva pr&eacute;cipitamment.) Ah ben bravo ! Tu pourrais pr&eacute;venir, au moins !  <br />  <br /> - D&eacute;guerpis de l&agrave; ! Laisse-moi faire ! Je g&egrave;re ! <br />  <br /> - Bien ! Que Monsieur le Commandant en Second s&rsquo;occupe des choses s&eacute;rieuses ! Le subalterne se retire et le laisse g&eacute;rer ! M&rsquo;en vais d&eacute;jeuner dans mon coin... &raquo; <br />  <br />Mais Noran n&rsquo;&eacute;tait pas rest&eacute; pour &eacute;couter l&rsquo;Enchanteur g&eacute;rer. D&egrave;s que Linni avait parl&eacute;, il s&rsquo;&eacute;tait pr&eacute;cipit&eacute; de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la cour, celui qui donnait sur la grande Avenue de l&rsquo;Ouest. Derri&egrave;re le muret, les trottoirs &eacute;taient d&eacute;j&agrave; plus peupl&eacute;s qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ordinaire, d&rsquo;une foule de gens qui s&rsquo;appliquaient avec un z&egrave;le extraordinaire &agrave; avoir l&rsquo;air de passer l&agrave; par hasard. D&rsquo;une fa&ccedil;on ou d&rsquo;une autre, les Selminans avaient eu vent de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement imminent. Et n&rsquo;&eacute;tait-ce pas d&eacute;j&agrave; des cris et des sons de trompe, l&agrave;-bas, du c&ocirc;t&eacute; du centre-ville ? <br />  <br />Mal&eacute;diction. L&rsquo;homme au chapeau avait pourtant promis. Enfin... il avait affirm&eacute; qu&rsquo;il le ferait, ce qui &eacute;tait pour un envoy&eacute; d&rsquo;Ambaro le plus proche &eacute;quivalent d&rsquo;une promesse. Fallait-il pour autant y compter vraiment ? Connaissant le r&eacute;seau ? <br />  <br /> Cinq minutes, dix au maximum, il fallait r&eacute;fl&eacute;chir vite &agrave; pr&eacute;sent. R&eacute;fl&eacute;chir vraiment, pas le genre de r&eacute;flexion qui pr&eacute;sidait habituellement &agrave; ses op&eacute;rations, &agrave; ses plans &eacute;labor&eacute;s dans la clart&eacute; d&rsquo;esprit surnaturelle que procurent l&rsquo;enthousiasme et l&rsquo;ivresse, et qui marchaient essentiellement parce qu&rsquo;on y croyait &ndash; r&eacute;fl&eacute;chir vraiment... mais Noran en &eacute;tait-il encore capable ? <br />  <br /> En arri&egrave;re-plan, l&rsquo;Enchanteur g&eacute;rait, c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;il avait per&ccedil;u les sympt&ocirc;mes, avait vu que son chef d&eacute;sirait &ecirc;tre seul un moment, et s&rsquo;affairait maintenant &agrave; l&rsquo;expliquer au reste de la bande. La bande. En quatre mois seulement, avoir r&eacute;ussi &agrave; former un tel organe vivant tenait du miracle. Ils fonctionnaient ensemble, se comprenaient les uns les autres sans parler, au point d&rsquo;en &ecirc;tre oblig&eacute;s de s&rsquo;inventer des sujets de dispute imaginaire pour suppl&eacute;er aux vrais. Et un &eacute;nergum&egrave;ne en chapeau allait g&acirc;cher &ccedil;a ? <br />  <br /> L&rsquo;occasion &eacute;tait unique, inratable !  <br />  <br />  <br />  <br /> Les trompettes de la garde retentissaient tout &agrave; fait clairement &agrave; pr&eacute;sent, avec les sabots des chevaux annon&ccedil;ant l&rsquo;arriv&eacute;e imminente du convoi de Carlino D&eacute;olyano, troisi&egrave;me roi de Mazya-Caramina. <br />  <br /> Carlino, fils de Flama, Refondateur, Reconstructeur, incarnation du royaume et de la Nation.  <br />  <br /> Carlino, le despote &agrave; la main de fer et &agrave; la police tentaculaire, l&rsquo;homme des bagnes et des potences liquides, le fils de l&rsquo;Ondine, l&rsquo;homme-poisson au sang froid, Carlino le Tyran. <br />  <br />  <br /> Carlino l&rsquo;assassin, qui avait pi&eacute;tin&eacute; la vie de Noran et l&rsquo;avait r&eacute;duite en morceaux informes. Le fait &eacute;tait l&agrave;, dans toute son &eacute;vidence sanguinolente, et pourtant que d&rsquo;efforts n&rsquo;avait-il pas d&ucirc; faire pour s&rsquo;inspirer une vague envie de vengeance... Au d&eacute;but, &ccedil;&rsquo;avait &eacute;t&eacute; l&rsquo;abattement, les pulsions suicidaires, une sorte de folie douce ; et Carlino dans tout &ccedil;a restait le solennel personnage en manteau de velours que le jeune Norandamo Astandiya avait si souvent crois&eacute; aux r&eacute;ceptions de la Cour, la figure incroyablement rassurante du sauveur de Carami qui &eacute;tait l&agrave; pour veiller sur vous. C&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;&eacute;poque o&ugrave; Noran avait encore l&rsquo;habitude de se faufiler clandestinement au palais royal, pour s&rsquo;asseoir dans un coin cach&eacute; &agrave; la vue de tous et respirer encore un peu l&rsquo;air d&rsquo;un monde dont il &eacute;tait si absolument exclu d&eacute;sormais. A force de quoi, il avait fini par apprendre que c&rsquo;&eacute;tait le Roi en personne qui avait ordonn&eacute; d&rsquo;exp&eacute;dier la famille Astandiya, apparemment comme on ampute un membre gangren&eacute;. A peu pr&egrave;s au m&ecirc;me moment, le manoir familial avait &eacute;t&eacute; r&eacute;cup&eacute;r&eacute; par il ne savait trop quelle autre maison, et Noran n&rsquo;avait plus remis les pieds au palais. Sauf une fois. <br />  <br /> Parce qu&rsquo;il avait par hasard laiss&eacute; entendre devant la bande qu&rsquo;il connaissait un chemin secret menant l&agrave;-bas (quant &agrave; savoir comment il le connaissait, hors de question de le leur dire ; et puis un peu de myst&egrave;re ne fait pas de mal &agrave; un chef apr&egrave;s tout), l&rsquo;Enchanteur et quelques autres n&rsquo;avaient eu de cesse qu&rsquo;il n&rsquo;y f&ucirc;t retourn&eacute;. L&rsquo;Enchanteur &eacute;tait un romanesque, sans doute que ses lectures &eacute;piques lui montaient &agrave; la t&ecirc;te, et l&rsquo;id&eacute;e du rebelle se glissant secr&egrave;tement au c&oelig;ur du pouvoir pour espionner les secrets d&rsquo;&Eacute;tat avait tout pour lui plaire. Et &agrave; la r&eacute;flexion, elle ne d&eacute;plaisait pas &agrave; Noran non plus. <br />  <br /> Pas peu fier, il avait pris avec lui l&rsquo;Enchanteur, Linni et &Eacute;toile (c&rsquo;&eacute;tait depuis ce jour que, par un effet secondaire inattendu de l&rsquo;excursion, ces trois-l&agrave; &eacute;taient devenus une sorte d&rsquo;aristocratie dans la bande), et les avait entra&icirc;n&eacute;s au c&oelig;ur des dorures et des verreries color&eacute;es de l&rsquo;Entrep&ocirc;t*. Ils n&rsquo;avaient pas espionn&eacute; tant de secrets d&rsquo;&Eacute;tat qu&rsquo;ils auraient pu l&rsquo;esp&eacute;rer ; la denr&eacute;e n&rsquo;est pas si commune. Mais ils avaient appris que Carlino devait quitter la ville par la porte de l&rsquo;ouest trois semaines plus tard, et cela valait tous les secrets d&rsquo;&Eacute;tat du monde. Le temps de d&eacute;guerpir du palais avec la quantit&eacute; appropri&eacute;e de m&eacute;saventures, et le Plan &eacute;tait en route. <br />  <br />  <br /> Le Plan allait rendre &agrave; Noran une existence. Puisqu&rsquo;il n&rsquo;existait plus en tant que seigneur, il serait r&eacute;volutionnaire, h&eacute;ros ou assassin ; et puisque Carlino lui avait pris sa vie, il lui prendrait la sienne. Quelque chose en lui admirait le juste &eacute;quilibre de la chose, pendant que tout le reste s&rsquo;exaltait &agrave; l&rsquo;id&eacute;e du Plan, du point d&rsquo;exclamation qui donnerait tout son sens &agrave; sa biographie ; le Plan qui renverserait la donne, qui remettrait le pass&eacute; en marche et qui ferait que peut-&ecirc;tre m&ecirc;me, &agrave; l&rsquo;autre bout du royaume, Alida... <br />  <br />  <br /> Et maintenant, un stupide imb&eacute;cile en chapeau allait le compromettre ?  <br />  <br />  <br /> C&rsquo;est fou comme on peut penser &agrave; beaucoup de choses, en cinq minutes &ndash; mais du point de vue de la r&eacute;flexion constructive il faut bien admettre que cela n&rsquo;&eacute;tait pas encore all&eacute; tr&egrave;s loin. Tout &agrave; coup &Eacute;toile bondit par-dessus le muret, hors d&rsquo;haleine, et chercha le chef des yeux. <br />  <br /> &laquo; Il arrive ! haleta-t-elle. Z&rsquo;&ecirc;tes pr&ecirc;ts ? &raquo; <br />  <br /> Le chef lui rendit un regard auquel elle ne s&rsquo;attendait certainement pas, et elle se tourna en second recours vers l&rsquo;Enchanteur qui grignotait dans les parages, ayant finalement emprunt&eacute; sa galette &agrave; Linni en guise de r&eacute;parations. <br />  <br /> &laquo; Noran ? risqua-t-il. On n&rsquo;a toujours pas l&rsquo;arquebuse et il arrive ! Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on fait ? &raquo; <br />  <br /> La tentative de r&eacute;fl&eacute;chir vraiment n&rsquo;avait rien donn&eacute;. La d&eacute;cision fut prise en un quart de seconde.  <br />  <br /> &laquo; On y va quand m&ecirc;me, tiens ! Linni ! O&ugrave; est-ce que tu as mis la lampe ?  <br />  <br /> - Hein ? Quoi ? <br />  <br /> - Ta lanterne de tout &agrave; l&rsquo;heure ! Celle avec laquelle tu as failli tout faire sauter ! Qu&rsquo;est-ce que tu en as fait ?  <br />  <br /> - Oh, elle est l&agrave;, mais je l&rsquo;ai &eacute;teinte, pour &eacute;conomiser la m&egrave;che, vu que l&rsquo;hiver arrive et que... <br />  <br /> - Rallume-la-moi, vite ! Enchanteur, le tonneau ! &raquo; <br />  <br /> Le tonneau &eacute;tait toujours &agrave; l&rsquo;endroit o&ugrave; Linni et sa galette l&rsquo;avaient laiss&eacute;. L&rsquo;Enchanteur et Noran s&rsquo;y pr&eacute;cipit&egrave;rent, le pos&egrave;rent tr&egrave;s d&eacute;licatement &agrave; l&rsquo;horizontale et le prirent chacun par une extr&eacute;mit&eacute;, tandis que le vacarme du convoi se faisait de plus en plus fort. <br />  <br /> &laquo; Ils arrivent ! cria &Eacute;toile d&rsquo;une voix stridente. Qu&rsquo;est-ce que vous fabriquez ? <br />  <br /> - T&rsquo;occupe, et va dire &agrave; tous les autres de se tenir pr&ecirc;ts, vous risquez d&rsquo;avoir &agrave; d&eacute;gager la rue de force ! &raquo; r&eacute;pondit Noran, en hissant le tonneau par-dessus le muret. De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, sur l&rsquo;Avenue, plusieurs badauds se retourn&egrave;rent pour jeter un regard intrigu&eacute;. <br />  <br /> &laquo; Bonjour, messieurs-dames, entonna Noran d&rsquo;une voix l&eacute;g&egrave;rement tremblante &ndash; et tous ceux qui ne le regardaient pas encore le firent. Je ne me pr&eacute;sente pas, parce que je ne suis pas s&ucirc;r de bien savoir qui je suis, mais sachez que je vous fais mes excuses &agrave; l&rsquo;avance pour ce que je vais faire. Je n&rsquo;ai pas vraiment le temps de me lancer dans de grandes explications ; je vous annonce seulement que tout va sauter. Je vous conseillerais de vous &eacute;loigner. &raquo; <br />  <br />Il y eut un moment d&rsquo;incertitude, l&rsquo;auditoire n&rsquo;&eacute;tant pas certain d&rsquo;avoir compris ; puis deux ou trois, plus vifs que les autres, se pr&eacute;cipit&egrave;rent vers lui. Mais &agrave; ce moment-l&agrave;, Linni revint de l&rsquo;autre bout de la cour, sa lanterne allum&eacute;e &agrave; bout de bras, et Noran la saisit d&rsquo;une main tandis que l&rsquo;autre reposait sur le couvercle du tonneau. <br />  <br /> Peu de gens, dans la Mazya-Caramina de l&rsquo;&eacute;poque, avaient jamais vu un tonneau de poudre, mais tous en avaient entendu parler, suffisamment en tout cas pour savoir ce qui se produirait quand Noran en approcherait la lanterne. Cela, ajout&eacute; &agrave; l&rsquo;impression produite par ce dr&ocirc;le de jeune homme &eacute;chevel&eacute;, &agrave; la prestance tremblante et au regard l&eacute;g&egrave;rement hallucin&eacute;, suffit &agrave; convaincre la foule de s&rsquo;&eacute;loigner d&rsquo;un pas. Puis de deux. Puis de d&eacute;guerpir &agrave; toutes jambes, au moment m&ecirc;me o&ugrave; l&rsquo;escorte du roi d&eacute;bouchait &agrave; l&rsquo;angle de la rue. <br />  <br /> &laquo; Aide-moi &raquo;, demanda Noran &agrave; l&rsquo;Enchanteur, et ils se d&eacute;p&ecirc;ch&egrave;rent de rouler le tonneau au bord du ruisseau glac&eacute; qui occupait le milieu de la rue. L&agrave;, l&rsquo;Enchanteur le redressa &agrave; la verticale tandis que Noran, la lampe &agrave; la main, regardait le convoi arriver. <br />  <br /> &laquo; Quinze secondes, murmura-t-il. Va te mettre &agrave; couvert ! Je te rejoins ! &raquo; <br />  <br /> Ou pas, pensa-t-il quand son regard croisa pour la premi&egrave;re fois d&rsquo;un des cavaliers de l&rsquo;escorte.  <br />  <br /> Mais quand on en est &agrave; faire d&eacute;pendre sa vie de la r&eacute;ussite d&rsquo;un attentat, c&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;y attache pas tellement de prix. R&eacute;volutionnaire, h&eacute;ros ou assassin, il le serait m&ecirc;me mort, apr&egrave;s tout. Quant &agrave; Alida... <br />  <br />  <br /> L&rsquo;Enchanteur &eacute;tait de retour de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; du muret, hiss&eacute; &agrave; l&rsquo;abri par les mains d&rsquo;&Eacute;toile et de Linni. Il n&rsquo;y avait plus une figure humaine en vue, que le convoi et lui. <br />   <br />&laquo; Place ! hurla un cavalier du premier rang, de derri&egrave;re le casque &eacute;tincelant qui lui dissimulait le visage. Place au Roi ! Tu vas d&eacute;gager, oui ? <br />  <br /> - Mais... s&rsquo;exclama un autre, consid&eacute;rant Noran debout immobile &agrave; c&ocirc;t&eacute; de son tonneau. Qu&rsquo;est-ce que... &raquo; <br />  <br /> Le premier rang &eacute;tait sur lui, le second arrivait et le carrosse derri&egrave;re. Comme dit l&rsquo;autre, c&rsquo;&eacute;tait maintenant ou jamais. Il saisit la lanterne des deux mains et, de toutes ses forces, l&rsquo;&eacute;crasa sur le tonneau. <br />  <br /> Il y eut une &eacute;paisse fum&eacute;e noire, et quelques vagues flamm&egrave;ches qui s&rsquo;&eacute;lanc&egrave;rent autour du couvercle ; et ce fut la derni&egrave;re chose que vit Noran avant que le cavalier le plus proche ne lui abatte le pommeau de son sabre sur l&rsquo;arri&egrave;re de la t&ecirc;te. Il s&rsquo;effondra sur le pav&eacute;, renversant le tonneau. <br /> Pschuit, fit la flamme en s&rsquo;&eacute;teignant dans le ruisseau, et ce fut la derni&egrave;re chose qu&rsquo;il entendit.  <br />  <br />  <br />  <br /> La nuit tombait sur Selmina ; les &eacute;toiles s&rsquo;allumaient une &agrave; une au-dessus des ruelles. La rumeur de l&rsquo;attentat manqu&eacute; avait fait trois fois le tour de la ville dans un sens et dans l&rsquo;autre avant de s&rsquo;&eacute;teindre paisiblement comme un tonneau de poudre mouill&eacute; ; et le calme &eacute;tait revenu. Histoire de s&rsquo;assurer que les choses ne partaient pas hors de contr&ocirc;le, le palais avait quand m&ecirc;me fait donner la version officielle au public, et l&rsquo;imprimerie centrale avait battu tous ses records de vitesse pour produire les affiches qui s&rsquo;&eacute;talaient &agrave; pr&eacute;sent aux quatre coins de la cit&eacute;. <br />  <br /> &laquo; Un attentat contre la vie de notre bien-aim&eacute; roi Carlino D&eacute;olyano a eu lieu cet apr&egrave;s-midi. Gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;action rapide et cibl&eacute;e de la Garde, la bande de rebelles qui en &eacute;tait &agrave; l&rsquo;origine a &eacute;t&eacute; d&eacute;cim&eacute;e, et les survivants sont sous les verrous o&ugrave; leur meneur, qui se faisait semble-t-il conna&icirc;tre sous le nom de Noran, attend son ex&eacute;cution. Notre bien-aim&eacute; Roi a pu poursuivre sans encombre son voyage vers l&rsquo;Ouest. <br />   <br /> &laquo; L&rsquo;implication de l&rsquo;ennemi public num&eacute;ro un Ambaro semble &eacute;vidente ; ce qui prouve que m&ecirc;me ce soi-disant r&eacute;seau est incapable de mettre v&eacute;ritablement en danger notre Royaume ou notre Roi. Que les citoyens caram&egrave;nes honn&ecirc;tes se rassurent donc : la police les prot&egrave;ge et prot&egrave;ge leurs int&eacute;r&ecirc;ts contre une poign&eacute;e de terroristes qui ne peuvent les menacer. <br />  <br /> &laquo; L&rsquo;attentat &eacute;tait projet&eacute; au moyen d&rsquo;un tonneau de poudre famure et d&rsquo;une lanterne &agrave; feu. C&rsquo;est pourquoi les patrouilles de ville perquisitionneront toutes les demeures. Les d&eacute;tenteurs de tout objet prohib&eacute; seront punis en cons&eacute;quence. &raquo; <br />  <br />L&rsquo;&eacute;v&eacute;nement alimenta les conversations pendant quelques jours ; il passa de la pol&eacute;mique &agrave; la blague peut-&ecirc;tre un peu moins rapidement que la moyenne des attentats, parce que l&rsquo;on avait touch&eacute; &agrave; la personne du Roi et que Selmina n&rsquo;&eacute;tait pas pr&egrave;s de l&rsquo;oublier ; mais on peut se souvenir d&rsquo;un &eacute;v&eacute;nement sans avoir besoin d&rsquo;en parler. D&rsquo;ailleurs, il ne faisait pas bon trop parler des attentats. Et ce n&rsquo;est pas comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas des sujets de conversation plus agr&eacute;ables. <br /> L&rsquo;homme au chapeau ne reparut plus &agrave; Selmina. Ou peut-&ecirc;tre qu&rsquo;il le fit ; mais comme &agrave; ce moment-l&agrave; l&rsquo;hiver &eacute;tait revenu, et que la plupart des gens avaient adopt&eacute; l&rsquo;allure long manteau et gros cache-nez, on ne le distingua pas parmi les autres. <br />  <br /> Quinze jours pass&egrave;rent.<br />_______________________ <br /><br />*Le palais royal de Selmina s'appelle l'Entrep&ocirc;t. Pourquoi, c'est une longue histoire, mais dans tous les cas cela ne l'emp&ecirc;che pas d'avoir beaucoup d'allure. <br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(255, 102, 0);">Et voil&agrave; ! Fin du chapitre un de la premi&egrave;re partie - qu'en avez-vous pens&eacute; ? Donne-t-il envie de lire la suite ? <br /><br />Bonne rentr&eacute;e &agrave; ceux qui rentrent et &agrave; bient&ocirc;t &agrave; tout le monde ! <br /><br />Amiti&eacute;s sinc&egrave;res...<br /><br /></span>  </span>]]></description>
        <pubDate>Mon, 04 Sep 2006 10:45:11 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lamontagneronde.net/article-3732366.html</guid>
                <category>Carami</category>        <comments>http://www.lamontagneronde.net/article-3732366-6.html</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Carami, chapitre 1 (5)]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/article-3732039.html</link>        <description><![CDATA[<span class="postbody"><br />Avant de m'&eacute;clipser, voici quand m&ecirc;me la fin du chapitre un, promise depuis quelque temps. <br /><br />Le d&eacute;but c'est par ici <a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3583543.html"><img align="absmiddle" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/liens/fleche.gif" /></a> et la suite c'est par l&agrave; <a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3732366.html"><img align="absmiddle" src="http://Idata.over-blog.com/0/28/10/99/liens/flechebis.gif" alt="" /></a><br /><br />____________________<br /><br />Il faisait nuit noire sur le quartier de la For&ecirc;t, ce qui aura l&rsquo;avantage de vous &eacute;pargner une description. Il faisait froid, par contre, et la pluie du jour se cristallisait en gla&ccedil;ons sur les branches avec un rien de crissement. Une chouette monologuait &agrave; l&rsquo;obscurit&eacute;. L&rsquo;homme au chapeau, assis &agrave; l&rsquo;abri d&rsquo;une maison en ruine et bien envelopp&eacute; dans son manteau, r&eacute;fl&eacute;chissait. <br />  <br /> Ambaro, qui n&rsquo;&eacute;tait pas devenu ennemi public num&eacute;ro un et chef du r&eacute;seau le plus puissant de toute l&rsquo;ill&eacute;galit&eacute; caram&egrave;ne en &eacute;tant stupide, avait donn&eacute; des instructions claires. On n&rsquo;aidait que les groupes qui en valaient la peine, et il y a avait une liste de crit&egrave;res tr&egrave;s pr&eacute;cis pour d&eacute;finir qui en valait la peine ou pas. De toute &eacute;vidence, celui-l&agrave; &eacute;tait &agrave; l&rsquo;oppos&eacute; de ces crit&egrave;res et pourtant&hellip; <br />  <br /> Pourtant, cela fonctionnait. L&rsquo;homme au chapeau avait soigneusement enqu&ecirc;t&eacute; avant de venir sur place, et il avait &eacute;t&eacute; surpris de d&eacute;couvrir que cette bande de la For&ecirc;t avait &agrave; son actif un nombre &eacute;tonnant d&rsquo;actions r&eacute;ussies, cambriolages de b&acirc;timents officiels, interception de convois &ndash; certes, Noran visait apparemment plus dans le spectaculaire que dans le rationnel, et l&rsquo;affaire de la femme du gouverneur &eacute;tait l&agrave; pour le prouver, mais le r&eacute;sultat &eacute;tait qu&rsquo;en seulement quatre mois d&rsquo;activit&eacute;, malgr&eacute; la maigreur de sa bande, malgr&eacute; la mis&egrave;re &eacute;vidente de sa situation, il avait r&eacute;ussi &agrave; s&rsquo;attirer la sympathie d&rsquo;un nombre impressionnant de personnes dans le milieu. Tous, &eacute;videmment, reconnaissaient que Noran s&rsquo;y prenait &agrave; l&rsquo;oppos&eacute; de ce qu&rsquo;on devrait enseigner dans les &eacute;coles de hors-la-loi. La seule raison pour laquelle sa bande et lui survivaient encore &eacute;tait qu&rsquo;il op&eacute;rait avec une hardiesse qui tenait du suicidaire. Et personne n&rsquo;avait encore r&eacute;ussi &agrave; d&eacute;couvrir ce qu&rsquo;il cherchait au juste&hellip; <br />  <br /> De l&rsquo;aveu de ses propres hommes, qui n&rsquo;&eacute;taient pas les moins mystifi&eacute;s dans l&rsquo;affaire, il paraissait souvent ne croire qu&rsquo;&agrave; moiti&eacute; &agrave; sa propre r&eacute;bellion. Il s&rsquo;emm&ecirc;lait dans ses plans et perdait le fil de ses discours. Son organisation &eacute;tait effroyablement d&eacute;sorganis&eacute;e. Il <span style="font-style: italic;">improvisait</span>, Dieu du Ciel &ndash; sans parler de l&rsquo;&eacute;nergie qu&rsquo;il d&eacute;pensait en vain pour retrouver cette f&eacute;e qui l&rsquo;avait sans doute tout bonnement plaqu&eacute; (il fallait de toute fa&ccedil;on &ecirc;tre l&eacute;g&egrave;rement d&eacute;rang&eacute; pour tomber amoureux d&rsquo;une f&eacute;e, et encore plus pour lui faire confiance). <br />  <br /> Lui et ses hommes n&rsquo;&eacute;taient ni plus ni moins que de vagues bandits de grand chemin, avec pour seul bien leur grange en ruines et leur enthousiasme, survivant avec l&rsquo;&eacute;nergie du d&eacute;sespoir en attendant que la richesse et l&rsquo;occasion leur tombent du ciel, esp&eacute;rant alors devenir d&rsquo;audacieux r&eacute;volutionnaires &agrave; slogans et drapeaux, combattant pour la gloire et narguant les autorit&eacute;s... quelque part sous le cache-nez, l&rsquo;homme au chapeau esquissa un rictus ; c&rsquo;&eacute;tait tout ce qu&rsquo; Ambaro m&eacute;prisait. Ambaro ne combattait pas pour la gloire. Il combattait pour gagner. <br />  <br /> Et, justement...   <br />  <br /> &laquo; Dites, vous ! &raquo; <br />  <br /> L&rsquo;homme au chapeau se retourna, et la faible lueur d&rsquo;une lampe marine portable p&eacute;n&eacute;tra son champ de vision, d&eacute;limitant la silhouette &eacute;lanc&eacute;e de Noran assis sur le rebord de ce qui avait &eacute;t&eacute; la fen&ecirc;tre. Comme l&rsquo;envoy&eacute; d&rsquo;Ambaro relevait d&rsquo;un cran son couvre-chef pour y voir plus clair, le jeune hors-la-loi posa sa lanterne sur un tas de pierres et poursuivit, sur le ton de la conversation : <br />  <br /> &laquo; Comment voulez-vous que j&rsquo;aie l&rsquo;air s&eacute;rieux si vous vous mettez &agrave; nous fausser compagnie sans pr&eacute;venir comme &ccedil;a ? Vous &ecirc;tes cens&eacute; &ecirc;tre sous ma garde, l&agrave;. Qu&rsquo;est-ce que vous faites ici dans le noir ? <br />  <br />- Je... pensais. Vous avez peut-&ecirc;tre remarqu&eacute; que je n&rsquo;apparaissais pas tr&egrave;s... enthousiaste &agrave; l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;apporter le soutien du r&eacute;seau Ambaro &agrave; vos... entreprises. <br />  <br /> - Hmm, c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire. C&rsquo;est pour &ccedil;a que je suis parti derri&egrave;re vous, j&rsquo;avais peur que vous n&rsquo;ayez fil&eacute; sans que je puisse m&rsquo;expliquer, il s&rsquo;agit vraiment... <br />  <br /> - D&rsquo;une occasion unique et inratable, je le sais, coupa le chapeau. Rassurez-vous, vous aurez votre appui.  <br />  <br /> - Vrai ?  <br />  <br /> - Le R&eacute;seau sait reconna&icirc;tre ce qui va dans son int&eacute;r&ecirc;t.  <br />  <br /> - Un tonneau de poudre et une arquebuse ? Livraison avant demain soir ?  <br />  <br /> - Demain matin pour la poudre, je pense, un tonneau devrait &ecirc;tre facile &agrave; trouver ici &agrave; Selmina...  <br />  <br /> - Vu vos prix, on ne dirait pas, remarqua Noran.  <br />  <br /> - Ne m&rsquo;interrompez pas, gla&ccedil;a le chapeau &ndash; je suis dans des dispositions &eacute;tonnamment bonnes &agrave; votre &eacute;gard vu le niveau de votre bande, alors ne m&rsquo;incitez pas &agrave; en changer. Demain matin pour la poudre. L&rsquo;arquebuse risque d&rsquo;&ecirc;tre plus longue &agrave; venir. <br />  <br /> - Bon - mais je vous rappelle tout de m&ecirc;me que c&rsquo;est apr&egrave;s-demain que &ccedil;a se passe...  <br />  <br /> - Ne vous inqui&eacute;tez pas. Comme je vous le disais, nous savons o&ugrave; est notre int&eacute;r&ecirc;t.  <br />  <br /> - Hmm, fit Noran, l&rsquo;air moyennement convaincu. Alors il a l&rsquo;air d&rsquo;avoir beaucoup chang&eacute; depuis tout &agrave; l&rsquo;heure... (il jeta un bref coup d&rsquo;&oelig;il alentour, comme pour v&eacute;rifier que personne n&rsquo;&eacute;tait l&agrave; pour &eacute;couter, et poursuivit ) Quand vous disiez tout savoir de moi... &Ccedil;a signifiait quoi, exactement ? <br />  <br /> - Vous tenez vraiment &agrave; ce que je vous r&eacute;cite votre biographie ? fit le chapeau. Je pensais qu&rsquo;&agrave; ce point de la conversation nous pourrions nous en dispenser, mais je peux le faire, si vous voulez. Vos hommes vous connaissent sous le seul nom de Noran, mais votre nom complet, c&rsquo;est&hellip; &raquo; <br />  <br /> Il tira un bout de papier de sa poche et lut assez laborieusement, &agrave; la lueur de la lanterne :  <br />  <br /> &laquo; Norandamo... Nom&eacute;o i Adolino... Astandiya... ma Dora&iacute;mi L&iacute;misinto. (Aussit&ocirc;t, Noran, sur qui la seule audition de ce nom semblait avoir fait un effet effrayant, se pr&eacute;cipita en avant pour attraper le papier ; mais l&rsquo;homme au chapeau l&rsquo;avait d&eacute;j&agrave; rang&eacute; au fond d&rsquo;une poche. ) Le seigneur Norandamo Astandiya, si je ne m&rsquo;abuse. Ma&icirc;tre du fief d&rsquo;Astandi ou quelque chose d&rsquo;approchant. Votre famille est originaire du sud-est, mais vous &ecirc;tes n&eacute; dans la haute noblesse de Selmina. Si &ccedil;a peut vous faire plaisir, j&rsquo;avoue que ce n&rsquo;est pas flagrant &agrave; vous voir, ajouta-t-il de la m&ecirc;me voix neutre. Vous avez un manoir sur le boulevard Royal et des armoiries enregistr&eacute;es dans les livres du royaume. Votre p&egrave;re Nom&eacute;o Astandiya faisait partie des conseillers du Roi &ndash; mais le Roi ignorait qu&rsquo;il finan&ccedil;ait aussi un certain nombre de mouvements rebelles. Quand il s&rsquo;en est aper&ccedil;u, il y a quatre mois, il l&rsquo;a fait arr&ecirc;ter, lui et votre m&egrave;re Adolina, et les a fait noyer sur-le-champ. Comme vous &eacute;tiez absent &agrave; ce moment-l&agrave;, vous l&rsquo;avez &eacute;chapp&eacute; par miracle, et vous &ecirc;tes entr&eacute; dans la r&eacute;bellion &agrave; votre tour, avec l&rsquo;aide de votre ami l&rsquo;Enchanteur, dans l&rsquo;espoir de les venger. <br />  <br /> - C&rsquo;est surtout que je n&rsquo;avais pas franchement le choix, r&eacute;pondit faiblement Noran, qui semblait encore plus abattu par la r&eacute;v&eacute;lation que le r&eacute;seau Ambaro connaissait son nom qu&rsquo;il ne l&rsquo;avait &eacute;t&eacute; &agrave; la menace de se voir refuser son aide. J&rsquo;&eacute;tais &agrave; la rue, l&rsquo;Enchanteur m&rsquo;a rep&ecirc;ch&eacute; par hasard, et, bon...quitte &agrave; &ecirc;tre hors-la-loi, autant le faire dans les r&egrave;gles, non ? Et pour ce qui est de la vengeance... c&rsquo;est une affaire entre le Roi... entre Carlino et moi. Mais comment est-ce que vous pouvez savoir tout &ccedil;a ? Il n&rsquo;y a plus une seule personne &agrave; Selmina qui sache que Norandamo Astandiya est encore en vie et que c&rsquo;est moi. <br />  <br /> - Nous ne sommes pas des personnes de Selmina, r&eacute;pliqua le chapeau. Et votre cas avait de quoi int&eacute;resser Ambaro. Des chefs rebelles, pour tout vous dire il y en a treize &agrave; la douzaine ces temps-ci, mais les nobles ren&eacute;gats sont plut&ocirc;t rares, et il s&rsquo;en m&eacute;fie beaucoup. Leur motivations lui paraissent... louches.<br /><br /></span><span class="postbody"> - Parce que les siennes sont claires, peut-&ecirc;tre ! s&rsquo;emporta Noran, avant de se reprendre. Excusez-moi ; on est un peu sur les nerfs ici en ce moment, et reconnaissez tout de m&ecirc;me que vous ne faites rien pour arranger les choses. Merci de nous aider... <br />  <br /> - De rien ; vous recevrez la facture en temps voulu, r&eacute;torqua le chapeau en bondissant sur ses pieds. Bien, je pense que nous n&rsquo;avons plus rien &agrave; nous dire... <br />   <br /> - Attendez ! Vous ne partirez pas sans une escorte. &raquo;  <br />  <br />Autrement dit, on ne s&rsquo;&eacute;chappait pas comme cela des mains du seigneur Norandamo Nom&eacute;o i Aldolino Astandiya ma Dora&iacute;mi L&iacute;misinto, chef de la bande de bandits la plus terrible de la r&eacute;gion. Le chapeau pr&eacute;f&eacute;ra acquiescer sans rien dire et se laisser faire ; il avait ce qu&rsquo;il voulait, apr&egrave;s tout. <br />  <br />  <br /> Noran, apr&egrave;s son d&eacute;part, resta quelque temps &agrave; errer dans le froid des ruines, en proie &agrave; une excitation dangereusement croissante. <br />  <br /> Apr&egrave;s-demain...  <br />  <br />  </span>]]></description>
        <pubDate>Mon, 04 Sep 2006 10:15:33 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lamontagneronde.net/article-3732039.html</guid>
                <category>Carami</category>        <comments>http://www.lamontagneronde.net/article-3732039-6.html</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Carami, chapitre 1 (4)]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/article-3647202.html</link>        <description><![CDATA[<p><br /></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3583543.html"><img align="middle" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/liens/fleche.gif" alt="" /></a>D&eacute;but&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Suite<a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3732039.html"><img align="middle" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/liens/flechebis.gif" alt="" /></a><br /></p>
<p><img align="left" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/carami/carami142.jpg" />Et il s&rsquo;&eacute;clipsa&nbsp;; mais cette fois, le chapeau ne se laissa pas surprendre et se d&eacute;p&ecirc;cha de lui embo&icirc;ter le pas, bien d&eacute;cid&eacute; &agrave; ne rien manquer de la visite de la grange. C&rsquo;&eacute;tait une immense construction de pierre, au plafond perdu dans une obscurit&eacute; poussi&eacute;reuse ; les piliers de caisses au contenu myst&eacute;rieux se dressaient un peu partout sur le sol. Entre eux erraient les membres de la bande, vaquant &agrave; leurs occupations diverses avec un z&egrave;le discutable et toujours un &oelig;il ou deux fix&eacute; en permanence sur les d&eacute;placements du chapeau, qui sentait leurs regards suivre chacun de ses mouvements. L&rsquo;Enchanteur, assis sur une caisse &agrave; l&rsquo;&eacute;cart, hublots relev&eacute;s sur le front, &eacute;tait plong&eacute; dans la lecture d&rsquo;un vieux livre, mais il devait savoir lire sans les yeux, car ceux-ci n&rsquo;avaient pas quitt&eacute; l&rsquo;&eacute;tranger depuis cinq bonnes minutes. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Un intellectuel, fit l&rsquo;envoy&eacute; d&rsquo;Ambaro d&rsquo;un ton dont il &eacute;tait difficile de dire s&rsquo;il &eacute;tait compl&egrave;tement m&eacute;prisant ou juste un peu d&eacute;sapprobateur. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Qui, l&rsquo;Enchanteur ? r&eacute;pondit Noran. On peut dire &ccedil;a, oui... C&rsquo;est pour &ccedil;a qu&rsquo;il a ce surnom-l&agrave;, vous savez. Il est aussi encyclop&eacute;dique qu&rsquo;un de ces Grands Magiciens d&rsquo;avant l&rsquo;Engloutissement, et pourtant je ne crois pas qu&rsquo;il ait jamais mis les pieds dans la moindre &eacute;cole. Et il y a des moments o&ugrave; on croirait qu&rsquo;il vit &agrave; mi-temps dans cette &eacute;poque ancienne, vous savez, o&ugrave; il y avait encore des choses un peu surnaturelles, o&ugrave; les magiciens et les f&eacute;es avaient des pouvoirs bizarres et ce genre de trucs. Il est toujours &agrave; nous parler de la reine Mazya, de la reine Flama, des Enchanteurs et des Grandes F&eacute;es et de tous ces gens-l&agrave;. Mais enfin, il a beau &ecirc;tre un peu pompeux, c&rsquo;est le meilleur des compagnons. C&rsquo;est lui qui m&rsquo;a introduit dans la bande, elle existait d&eacute;j&agrave; longtemps avant que je n&rsquo;en devienne le chef. </p>
<p>- Mais elle &eacute;tait beaucoup moins remuante &agrave; l&rsquo;&eacute;poque. Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que &ccedil;a ? demanda l&rsquo;envoy&eacute; d&rsquo;Ambaro en d&eacute;signant de sa main gant&eacute;e un tas informe recouvert d&rsquo;une b&acirc;che. </p>
<p>- Ah, &ccedil;a c&rsquo;est notre arsenal. Il est de plus en plus grand, avec toutes les armes que nous avons confisqu&eacute;es aux Royaux qui se sont aventur&eacute;s par ici pour essayer de nous d&eacute;loger, on commence &agrave; avoir de quoi faire. </p>
<p>- De quoi faire quoi&nbsp;? demanda le chapeau d&rsquo;une voix o&ugrave; vibrait l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t, une voix d&rsquo;examinateur qui fait passer un oral.&nbsp;</p>
<p>- Eh bien... Oh, vous voyez bien de quoi je parle. Les op&eacute;rations. Les attentats. Tout &ccedil;a. </p>
<p>- Hmm, fit le chapeau en hochant la t&ecirc;te. Et en quoi consistait votre derni&egrave;re... op&eacute;ration&nbsp;? Mis &agrave; part cette grandiose affaire de la femme du gouverneur, s&rsquo;entend. </p>
<p>- Eh bien, r&eacute;p&eacute;ta Noran, l&rsquo;air embarrass&eacute;. C&rsquo;est bient&ocirc;t l&rsquo;hiver, vous savez. Il n&rsquo;y a plus grand-monde sur les routes. Presque toute la circulation se fait par eau maintenant, vous imaginez essayer de d&eacute;trousser un bateau&nbsp;? Alors on fait ce qu&rsquo;on peut. Reconnais que ce n&rsquo;est pas... pas sp&eacute;cialement le grand luxe en ce moment. Fait ce qu&rsquo;on peut. </p>
<p>- Ce n&rsquo;est pas ce que j&rsquo;appellerais de grandes ambitions r&eacute;volutionnaires, nota le chapeau, toujours impassible. </p>
<p>- Et qu&rsquo;est-ce que vous voulez que je fasse&nbsp;? r&eacute;pondit Noran en se passant une main dans les cheveux, le regard fix&eacute; au sol. Faire sauter le palais royal&nbsp;? Quand il faut le contenu de trois fourgons pour payer un seul de vos tonneaux de poudre&nbsp;? Avec vos tarifs, Ambaro doit rouler sur l&rsquo;or &agrave; l&rsquo;heure qu&rsquo;il est, et vous continuez d&rsquo;escroquer le monde avec votre fichu monopole &ndash; &agrave; se demander de quel c&ocirc;t&eacute; vous &ecirc;tes, tout compte fait&nbsp;! </p>
<p>- Si mon rapport vous montre aussi mal dispos&eacute; &agrave; notre &eacute;gard, Ambaro risque de d&eacute;cider de ne pas vous aider du tout, signala l&rsquo;homme au chapeau. Vous avez besoin de nous, alors je vous conseille de vous montrer un peu plus poli. </p>
<p>- Et moi, je vous conseille de vous montrer un peu plus prudent, parce que vous &ecirc;tes chez moi ici&nbsp;!&nbsp;&raquo; r&eacute;torqua Noran. Mais au m&ecirc;me moment, quelqu&rsquo;un frappa deux-un-quatre &agrave; la grande porte du hangar&nbsp;; l&rsquo;Enchanteur se pr&eacute;cipita en criant &laquo;&nbsp;Quand l&rsquo;air est libre ?&nbsp;&raquo;, et Noran leva les yeux au ciel avec un profond soupir. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Les poissons se noient&nbsp;&raquo;, r&eacute;pondit la porte, et un personnage entra dont les v&ecirc;tements boueux pr&eacute;sentaient toutes les s&eacute;quelles d&rsquo;un long voyage. Il posa sa besace sur une caisse, lan&ccedil;a un ample salut &agrave; la cantonade, qui le lui rendit avec enthousiasme, et se dirigea droit vers l&agrave; o&ugrave; se trouvaient Noran et le chapeau. Lequel remarqua alors que l&rsquo;expression du jeune Chef avait subitement chang&eacute;. Il regarda approcher l&rsquo;arrivant avec une expression d&rsquo;impatience grandissante, et le chapeau crut voir qu&rsquo;il se retenait de se pr&eacute;cipiter &agrave; sa rencontre. Au lieu de quoi, il attendit qu&rsquo;il f&ucirc;t &agrave; leur hauteur et l&rsquo;apostropha aussit&ocirc;t d&rsquo;une voix tendue. </p>
<div>&laquo;&nbsp;Alors ? </div>
<p>- Rien, fit l&rsquo;arrivant avec une grimace en se laissant tomber sur une caisse. </p>
<p>- <em>Rien</em> ? r&eacute;p&eacute;ta Noran sur un ton pressant. </p>
<p>- J&rsquo;ai fouill&eacute; toute la r&eacute;gion de Carl&eacute;na&iacute;a pendant des semaines, qu&rsquo;est-ce que tu voulais que je fasse de plus ? Et puis il faut dire que ta description n&rsquo;&eacute;tait pas tr&egrave;s pr&eacute;cise, non plus. Les cheveux bruns, les yeux bleus, pas tr&egrave;s grande... &Ccedil;a correspond &agrave; la moiti&eacute; des filles de Mazya-Caramina, je te signale ! </p>
<p>- On ne peut pas confondre Alida avec une autre, s&rsquo;obstina Noran. </p>
<p>- &Eacute;videmment, les amoureux croient toujours que leur dulcin&eacute;e suffit &agrave; illuminer tout le pays de sa seule pr&eacute;sence. Mais je suis d&eacute;sol&eacute;, j&rsquo;ai fait toutes les rues de la ville et tous les villages environnants, et ta belle f&eacute;e ne m&rsquo;a pas saut&eacute; aux yeux. Par ailleurs, personne ne conna&icirc;t de Carm&eacute;o l&agrave;-bas, m&ecirc;me dans le quartier r&eacute;serv&eacute; des magiciens, ils n&rsquo;en ont jamais entendu parler. D&eacute;sol&eacute;. </p>
<p>- C&rsquo;est moi qui suis d&eacute;sol&eacute;, fit Noran avec un soupir. Je t&rsquo;ai envoy&eacute; en voyage pour rien. </p>
<p>- Oh, y a pas de mal, r&eacute;pondit l&rsquo;autre, l&rsquo;&oelig;il brillant. Je n&rsquo;ai pas retrouv&eacute; ta bien-aim&eacute;e, mais dans mon enqu&ecirc;te j&rsquo;ai rencontr&eacute; quelques jeunes beaut&eacute;s qui... ah, tu verrais les filles du Nord ! Enfin bref... si tu as encore une mission pour moi l&agrave;-bas, n&rsquo;h&eacute;site pas surtout ! </p>
<p>- Entendu&nbsp;&raquo;, r&eacute;pondit Noran, mais son demi-sourire dissimulait mal sa d&eacute;ception. L&rsquo;arrivant disparut&nbsp;; et Noran s&rsquo;aper&ccedil;ut alors que tout le temps du dialogue, le chapeau avait gard&eacute; le regard fix&eacute; sur lui. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Bon, bon, soupira-t-il, je sais ce que vous pensez : quand on est un r&eacute;volutionnaire s&eacute;rieux, on ne gaspille pas ses hommes en les envoyant courir le pays &agrave; la recherche d&rsquo;une fille ! Mais vous ne nous connaissez pas, Alida et moi, vous ne pouvez pas savoir... </p>
<p>- Je sais, r&eacute;pondit le chapeau. La f&eacute;e Alida est votre fianc&eacute;e. Vous &eacute;tiez cens&eacute;s vous marier &agrave; la fin de l&rsquo;&eacute;t&eacute;, mais il y a environ six mois, son p&egrave;re, le magicien Carm&eacute;o, a brusquement d&eacute;m&eacute;nag&eacute; pour affaires dans la r&eacute;gion de Carl&eacute;na&iacute;a, en emmenant toute sa famille avec lui. Depuis, vous les faites rechercher sans rel&acirc;che, mais jusqu&rsquo;ici, compl&egrave;tement en vain.&nbsp;</p>
<p>- Comment est-ce que vous savez &ccedil;a&nbsp;? bredouilla Noran souffl&eacute;. </p>
<p>- Nous avons toutes sortes de moyens d&rsquo;obtenir les renseignements qui nous int&eacute;ressent. Je savais tout sur vous avant m&ecirc;me de vous avoir jamais vu&nbsp;; je suis venu uniquement, disons, pour vous donner une chance suppl&eacute;mentaire. Au b&eacute;n&eacute;fice du doute. </p>
<p>- Une ch... Eh &ndash; attendez&nbsp;!&nbsp;Quand vous dites que vous connaissez tout de moi... &ccedil;a veut dire... </p>
<p>- &Ccedil;a veut dire tout. Je ne vois pas ce que vous ne comprenez pas l&agrave;-dedans. Maintenant, si vous voulez m&rsquo;excuser... </p>
<div>- Eh, une minute&nbsp;! O&ugrave; est-ce que vous allez&nbsp;?&nbsp;</div>
<p>- Je m&rsquo;en vais visiter le reste de votre... <em>organisation</em>. Hors de votre pr&eacute;sence, afin que vos hommes ne soient pas influenc&eacute;s. Je ne pense pas que nous reparlerons&nbsp;; Ambaro vous fera conna&icirc;tre sa d&eacute;cision d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre. Au plaisir.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et il lui tourna le dos, dans un vaste mouvement de cape qui avait sans doute fait l&rsquo;objet de plusieurs heures d&rsquo;entra&icirc;nement. </p>
<p>Noran chercha vaguement du regard quelque chose dans quoi donner un coup de pied, ne trouva rien, et se laissa tomber sur la caisse la plus proche, le menton dans les mains. </p>
<p><img align="right" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/carami/carami141.jpg" alt="" />&laquo;&nbsp;Hmm, fit l&rsquo;Enchanteur, qui s&rsquo;&eacute;tait approch&eacute; en silence, au bout d&rsquo;un moment&nbsp;; et bien que ce soit par essence un mot peu significatif, dans sa bouche il valait un discours. </p>
<p>- Et qu&rsquo;est-ce que tu voulais que je fasse&nbsp;? s&rsquo;exclama Noran. Que je m&rsquo;aplatisse devant lui et son R&eacute;seau, sous pr&eacute;texte qu&rsquo;ils sont plus gros et plus forts que nous&nbsp;? De toute fa&ccedil;on, vu les circonstances, s&rsquo;il refuse de nous aider c&rsquo;est que son Ambaro ne vaut pas la moiti&eacute; d&rsquo;un rat, et excuse-moi si je pr&eacute;f&egrave;re rater seul que de r&eacute;ussir avec l&rsquo;aide d&rsquo;un demi-rat.&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&rsquo;Enchanteur, sans doute malgr&eacute; lui, s&rsquo;esclaffa bri&egrave;vement, puis cessa net quand il vit le regard d&eacute;sesp&eacute;r&eacute; que lui adressait son chef. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Allez, reprit-il d&rsquo;une voix apaisante, en lui posant une main sur l&rsquo;&eacute;paule. On va y arriver. On n&rsquo;est pas n&rsquo;importe qui, apr&egrave;s tout. Tu n&rsquo;es pas n&rsquo;importe qui, mon gars. </p>
<p>- Hmm, fit Noran, les yeux dans le vague, et sur le visage une expression que la seule d&eacute;ception ne pouvait expliquer. J&rsquo;ai bien peur que ce ne soit l&agrave; le probl&egrave;me...&nbsp;&raquo;</p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 27 Aug 2006 12:54:04 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lamontagneronde.net/article-3647202.html</guid>
                <category>Carami</category>        <comments>http://www.lamontagneronde.net/article-3647202-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Carami, chapitre 1 (3)]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/article-3623755.html</link>        <description><![CDATA[Bien que mes d&eacute;boires avec les avatars modernes du Barbier de Belleville aient l'air d'int&eacute;resser beaucoup plus de monde que les aventures de mes h&eacute;ros dans la Mazya-Caramina de 88.V, voici quand m&ecirc;me la suite du premier chapitre de <span style="font-style: italic;">Carami</span>. <br /><br />(Sans le cadre cette fois parce que faut bien avouer que &ccedil;a tue les yeux.)<br /><br /><a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3583543.html"><img align="absmiddle" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/liens/fleche.gif" /></a><span style="font-style: italic;">Par ici le d&eacute;but...&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par ici la suite  <a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3647202.html"><img align="absmiddle" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/liens/flechebis.gif" /></a></span><br /><br /><br /><br />
<p>La femme-bandit frappa &agrave; la porte de la grange, deux coups, puis un, puis quatre tr&egrave;s rapproch&eacute;s. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Quand l&rsquo;air est libre... ? chuchota une voix derri&egrave;re la porte. </p>
<p>- Les poissons se noient&nbsp;&raquo;, r&eacute;pondit la femme. Lentement, la porte aux colonnes de lumi&egrave;re s&rsquo;ouvrit vers l&rsquo;int&eacute;rieur, d&eacute;voilant d&rsquo;&eacute;tranges stalagmites de caisses empil&eacute;es. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Voil&agrave; l&rsquo;&eacute;nergum&egrave;ne, Enchanteur&nbsp;&raquo;, annon&ccedil;a la voix de la jeune femme dans l&rsquo;obscurit&eacute;. Aussit&ocirc;t, un bras agrippa autour de l&rsquo;&eacute;paule de l&rsquo;homme au chapeau et l&rsquo;entra&icirc;na &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur. Le grand portail se referma avec &agrave; peine un souffle&nbsp;; et l&rsquo;int&eacute;rieur de la grotte fut plus pr&eacute;cis. C&rsquo;&eacute;tait bien une grange ou un hangar de quelque sorte, &eacute;clair&eacute; &agrave; la lueur de quelques lampes marines sommaires perch&eacute;es au sommet des tas de caisses&nbsp;; et visiblement personne n&rsquo;avait song&eacute; &agrave; y faire le m&eacute;nage depuis quelques ann&eacute;es. Ce n&rsquo;&eacute;tait pourtant pas le monde qui manquait. &Ccedil;&agrave; et l&agrave;, derri&egrave;re un rideau de poussi&egrave;re illumin&eacute;e, des silhouettes se pr&eacute;cisaient, hommes et femmes de tous &acirc;ges, ayant tous l&rsquo;air relativement mis&eacute;rable et crasseux mais avec une sorte de lueur irradiante dans le regard. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Nous vous Attendions, d&eacute;clara pompeusement la voix &agrave; l&rsquo;autre bout du bras&nbsp;; il s&rsquo;av&eacute;ra que l&rsquo;un et l&rsquo;autre appartenaient &agrave; un jeune homme brun et sec, dont la figure disparaissait &agrave; moiti&eacute; derri&egrave;re une &eacute;norme paire de hublots ray&eacute;s. Bienvenue ! Comment va Ambaro ? Comment vous appelez-vous ? Enlevez donc votre &eacute;charpe !</p>
<p>- Nous restons toujours masqu&eacute;s. Nous n&rsquo;avons pas de nom. Ambaro se porte bien, r&eacute;pliqua d&rsquo;une voix impassible l&rsquo;homme au chapeau, qui, maintenant qu&rsquo;il se trouvait dans un milieu moins hostile et en pr&eacute;sence de gens qui &eacute;taient visiblement plus impressionn&eacute;s par lui que le contraire, &eacute;tait tout &agrave; fait pr&ecirc;t &agrave; reprendre son r&ocirc;le. Le Tyran a fait doubler la prime pour sa t&ecirc;te et vient de le nommer encore une fois Ennemi Public Num&eacute;ro Un, mais &ccedil;a ne le trouble pas. Notre r&eacute;seau est trop bien organis&eacute;. C&rsquo;est vous, le chef de la bande ? </p>
<p>- Oh l&agrave; non mis&egrave;re, heureusement pour nous ! Moi je ne suis que l&rsquo;Enchanteur, et un bien pi&egrave;tre enchanteur par rapport &agrave; ceux du temps des Reines &ndash; n&eacute;anmoins commandant en second de cette digne troupe, pour vous servir, r&eacute;pondit le jeune homme. Notre glorieux chef n&rsquo;est pas loin, seulement, il est&hellip; il est... (le jeune homme abaissa ses lunettes, dont la fonction devait &ecirc;tre plus symbolique qu&rsquo;autre chose<a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title="">*</a>, plissa les yeux et promena un moment son regard sur les environs, avant d&rsquo;achever, assez piteusement&nbsp;:) O&ugrave; est-ce qu&rsquo;il est encore pass&eacute;&nbsp;? </p>
<p>- Il est all&eacute; se coucher, lan&ccedil;a un des membres du public qui avait commenc&eacute; &agrave; s&rsquo;agglutiner alentour. </p>
<p>- Il est parti en promenade, il ne supportait plus tes bavardages, affirma un autre.</p>
<p>- Il est all&eacute; chanter une s&eacute;r&eacute;nade &agrave; la femme du gouverneur&nbsp;&raquo;, rench&eacute;rit la guetteuse, et tout&nbsp;le monde s&rsquo;esclaffa sauf le chapeau ( impassible ) et l&rsquo;Enchanteur ( d&eacute;j&agrave; nettement moins &agrave; l&rsquo;aise qu&rsquo;au d&eacute;but ). </p>
<p>&laquo;&nbsp;Taisez-vous, bande d&rsquo;&acirc;nes&nbsp;! cria-t-il. Voil&agrave;, voil&agrave;, il suffit que le chef disparaisse cinq minutes et c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; le chaos &ndash; &Eacute;toile, comment &ccedil;a se fait que tu ne sois pas encore retourn&eacute;e guetter&nbsp;? </p>
<p>- Mais personne ne passera plus par l&agrave; ce soir, Enchanteur, r&eacute;pondit la jeune femme. Et puis il y a toujours Linni qui fait la zone avec sa patrouille. Maintenant, si tu veux vraiment que j&rsquo;y aille&hellip; </p>
<p>- Attendez, intervint le chapeau. C&rsquo;est donc vrai ce que j&rsquo;ai entendu raconter en ville, cette histoire folle au sujet de la femme du gouverneur de la prison&nbsp;centrale&nbsp;? Que votre Noran a intercept&eacute; son carrosse en pleine route, l&rsquo;a enlev&eacute;e et a annonc&eacute; qu&rsquo;il ne l&rsquo;a rendrait qu&rsquo;en l&rsquo;&eacute;change de la lib&eacute;ration de vos amis arr&ecirc;t&eacute;s&nbsp;?</p>
<p>- C&rsquo;est on ne peut plus vrai, cher ami ! confirma fi&egrave;rement l&rsquo;Enchanteur&nbsp;&ndash; puis, un peu moins fi&egrave;rement&nbsp;:&nbsp;Bon, &ccedil;a a rat&eacute;&hellip; on ne peut pas tout avoir, non plus. La garde du gouverneur a mis le si&egrave;ge devant la maison o&ugrave; on s&rsquo;&eacute;tait r&eacute;fugi&eacute;s, G&eacute;onado ici peut vous le dire, il y &eacute;tait comme moi (&nbsp;un grand costaud en arri&egrave;re-plan acquies&ccedil;a avec un sourire ravi ), &ccedil;&rsquo;a &eacute;t&eacute; grandiose &ndash; finalement ils ont donn&eacute; l&rsquo;assaut, et Noran ne s&rsquo;en est sorti de justesse qu&rsquo;en faisant effondrer le plancher pourri de l&rsquo;&eacute;tage&nbsp;! </p>
<p>- Comme quoi cette fichue humidit&eacute; peut tout de m&ecirc;me servir &agrave; quelque chose, appr&eacute;cia le chapeau, une ombre de sourire passant dans sa voix. ( Puis, embarrass&eacute; d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; pris en flagrant d&eacute;lit de bris d&rsquo;impassibilit&eacute;, il s&rsquo;empressa de reprendre sa mine sinistre. )</p>
<p>- Comme vous dites ! C&rsquo;est la seule chose qui emp&ecirc;che les Requins de fiche le feu &agrave; la for&ecirc;t pour nous en faire sortir. Et pour en revenir &agrave; notre affaire, imaginez-vous que la femme du gouverneur, m&ecirc;me au plus fort du si&egrave;ge, elle ne voulait plus le quitter, notre Noran. A tous les coups, il lui avait fait du charme pour l&rsquo;enlever, et il faut avouer qu&rsquo;il a plus d&rsquo;atouts pour &ccedil;a que sa vieille baudruche de mari !&nbsp;&raquo; fit l&rsquo;Enchanteur, qui riait franchement &agrave; pr&eacute;sent. Mais l&rsquo;autre &eacute;tait apparemment loin de partager son hilarit&eacute;. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Vous ne pensez pas qu&rsquo;il en fait un peu trop ? demanda-t-il. Enlever la femme de quelqu&rsquo;un qui a trois bataillons de soldats sous ses ordres ! Il ne savait donc pas qu&rsquo;il allait &eacute;chouer ? </p>
<p>- Avouez tout de m&ecirc;me qu&rsquo;il s&rsquo;est enfui avec panache, fit l&rsquo;Enchanteur. </p>
<p>- La R&eacute;sistance n&rsquo;a pas besoin de panache, elle a besoin d&rsquo;actes, signala le chapeau. </p>
<p>- &Ccedil;a vous va bien de dire &ccedil;a&nbsp;&raquo;, lan&ccedil;a une troisi&egrave;me voix depuis la balustrade qui faisait le tour de la grange &agrave; l&rsquo;&eacute;tage&nbsp;; un pas d&eacute;vala quatre &agrave; quatre l&rsquo;escalier tremblant, et un grand jeune homme fut tout &agrave; coup aux c&ocirc;t&eacute;s de l&rsquo;Enchanteur et du chapeau. Il &eacute;tait tout aussi d&eacute;penaill&eacute; que les autres, mais d&eacute;penaill&eacute; &agrave; la mani&egrave;re de quelqu&rsquo;un qui prend &ccedil;a comme une distinction plut&ocirc;t que comme un inconv&eacute;nient&nbsp;; il portait un foulard n&eacute;gligemment nou&eacute; autour du cou, et ses cheveux d&rsquo;un blond sombre lui tombaient en m&egrave;ches &eacute;parses dans les yeux. L&rsquo;homme au chapeau crut reconna&icirc;tre la silhouette furtive qui s&rsquo;&eacute;tait enfuie dans un arbre &agrave; son passage, mais vu l&rsquo;obscurit&eacute; il n&rsquo;aurait pu jurer de rien. </p>
<p>Il &eacute;manait de sa mince personne, sous l&rsquo;attirail, une impression de fragilit&eacute; l&eacute;g&egrave;rement maladive qui devait &ecirc;tre trompeuse, puisqu&rsquo;il avait r&eacute;ussi &agrave; devenir chef rebelle&nbsp;; mais il fallait reconna&icirc;tre qu&rsquo;il ressemblait &agrave; tout sauf &agrave; ce qu&rsquo;il &eacute;tait. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Et le voil&agrave;, s&rsquo;exclama l&rsquo;Enchanteur. Noran, je te pr&eacute;sente l&rsquo;envoy&eacute; d&rsquo;Ambaro qui est venu expr&egrave;s du fin fond de l&rsquo;Arctiniya pour nous. Il est tr&egrave;s curieux d&rsquo;entendre tous tes exploits. </p>
<p>- Ravi de vous rencontrer&nbsp;&raquo;, fit Noran en tendant la main au chapeau, qui n&rsquo;esquissa pas le moindre mouvement. Apparemment, les hommes d&rsquo;Ambaro ne serraient pas non plus la main des gens. Celui-ci se contentait pour l&rsquo;instant de d&eacute;visager avec attention le chef de la bande.&nbsp;</p>
<p>&nbsp;&laquo;&nbsp;Je t&rsquo;ai entendu demander ton stupide mot de passe comme d&rsquo;habitude, chuchota ledit chef &agrave; l&rsquo;Enchanteur, alors j&rsquo;ai pens&eacute; que ce n&rsquo;&eacute;tait pas important&hellip; </p>
<p>- Mon mot de passe n&rsquo;est pas stupide ! r&eacute;pondit l&rsquo;Enchanteur avec dignit&eacute;. Moi, je pense qu&rsquo;il est m&ecirc;me tr&egrave;s bien trouv&eacute;. C&rsquo;est une <em>all&eacute;gorie</em>, esp&egrave;ce d&rsquo;inculte ! Et si tu n&rsquo;es pas content, tu n&rsquo;as qu&rsquo;&agrave; en trouver un autre. </p>
<p>- Pour que tu le discutes encore, non merci, esp&egrave;ce d&rsquo;intellectuel. Alors comme &ccedil;a, reprit-il en s&rsquo;adressant au chapeau, Ambaro vous envoie pour... Vous avez pris votre temps, dites donc. </p>
<p>- C&rsquo;est ce qu&rsquo;on m&rsquo;a d&eacute;j&agrave; dit, oui. Mais notre base n&rsquo;est pas tout pr&egrave;s et les messages mettent du temps &agrave; passer, sans compter que nous n&rsquo;avons pas que cela &agrave; faire. </p>
<p>- &Eacute;tonnant, fit Noran. Parce qu&rsquo;&agrave; part voler du mat&eacute;riel pour le revendre &agrave; prix d&rsquo;or aux autres rebelles, semer la pagaille dans le milieu et &eacute;crire votre nom sur tous les murs du pays, il ne me semble pas que vous fassiez grand-chose de concret ! Vous avez le r&eacute;seau le plus puissant et le mieux organis&eacute; de toute l&rsquo;ill&eacute;galit&eacute; caram&egrave;ne, vous seriez sans doute capables de donner beaucoup plus de fil &agrave; retordre au Tyran, qu&rsquo;est-ce que vous fabriquez au juste&nbsp;? Quand est-ce que vous vous mettrez &agrave; bouger pour de bon ? </p>
<p>- Nous n&rsquo;avons de comptes &agrave; rendre &agrave; personne. Ambaro sait ce qu&rsquo;il fait. Et vous ? Montrez-moi un peu votre organisation. Nous voulons voir &agrave; qui nous avons &agrave; faire. </p>
<div>- Mon organisation&nbsp;? </div>
<p>- Ton absence d&rsquo;organisation, Noran, rectifia un des spectateurs en riant. </p>
<p>- Oui, bon&hellip; Alors tout le monde, l&agrave;,&nbsp;vous vous r&eacute;organisez comme vous pouvez&hellip; Et vous, l&agrave;, suivez-moi.&nbsp;&raquo;</p>
<div><br clear="all" />  <hr width="33%" size="1" align="left" />
<div id="ftn1">
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title=""><span>*</span></a><span> De fait, de tous les intellectuels qui se sont rendus fameux au cours de l&rsquo;histoire de Mazya-Caramina, Ol&eacute;mo Nor&eacute;mo, dit l&rsquo;Enchanteur, &eacute;tait certainement le seul qui <em>enlevait </em>ses lunettes pour lire.&nbsp;(N. d. A.)</span></p>
</div>
</div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 24 Aug 2006 20:36:02 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lamontagneronde.net/article-3623755.html</guid>
                <category>Carami</category>        <comments>http://www.lamontagneronde.net/article-3623755-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Carami, suite]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/article-3592951.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: right;">Comme promis, suite du premier chapitre.<br /><br />
<div style="text-align: left;">Si vous avez rat&eacute; le d&eacute;but, c'est par ici&nbsp;<a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3583543.html"><img align="absmiddle" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/liens/fleche.gif" alt="" /></a> et la suite c'est par l&agrave; <a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3623755.html"><img align="absmiddle" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/liens/flechebis.gif" alt="" /></a><br /></div>
<br /></div>
<div class="hitencart">
<p>Toutes les grandes villes avaient leurs for&ecirc;ts, c&rsquo;&eacute;tait une des premi&egrave;res choses auxquelles Carlino avait pourvu, au reflux des eaux, quand il s&rsquo;&eacute;tait av&eacute;r&eacute; que l&rsquo;Engloutissement avait tu&eacute; tous les arbres du royaume. Pour chaque cit&eacute;, une &eacute;quipe de forestiers de la Couronne g&eacute;rait la pr&eacute;cieuse ressource, allouant charpentes et r&eacute;serves de combustible avec une m&eacute;ticulosit&eacute; qui voisinait au tatillonnage, apparemment sans se soucier du fait que le papier qui partait en dossiers et formulaires aurait pu servir &agrave; chauffer une demi-douzaine de foyers suppl&eacute;mentaires. C&rsquo;&eacute;tait administratif&nbsp;; c&rsquo;&eacute;tait normal. Mais ce quartier-l&agrave; ne l&rsquo;&eacute;tait pas. Les immeubles et les arbres &eacute;taient cens&eacute;s rester chacun de leur c&ocirc;t&eacute;, pas faire cause commune pour engluer le passant, mis&eacute;ricorde&nbsp;! </p>
<p style="text-indent: 35.4pt;">Ils ne pouvaient d&eacute;cid&eacute;ment rien faire comme tout le monde &agrave; Selmina. Sous pr&eacute;texte d&rsquo;&ecirc;tre la capitale du royaume, le c&oelig;ur battant dans lequel fluaient mille canaux et refluaient cent rivi&egrave;res, cette satan&eacute;e cit&eacute; se croyait des privil&egrave;ges au-dessus du commun des provinces, construisait les quartiers les plus invraisemblables qu&rsquo;il e&ucirc;t &eacute;t&eacute; donn&eacute; &agrave; un homme de voir, circulait &agrave; toute heure du jour de la nuit (rendant les choses scandaleusement compliqu&eacute;es pour les honn&ecirc;tes r&ocirc;deurs &agrave; chapeau et cache-col) et laissait ses for&ecirc;ts &eacute;chapper &agrave; tout contr&ocirc;le. </p>
<div>Et quelle sorte de gens pouvait r&eacute;sider dans ce... </div>
<p>&nbsp;&laquo;&nbsp;La bourse ou la vie ?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Une silhouette noire se laissa tomber lestement d&rsquo;un arbre qui poussait nonchalamment entre deux pans de mur d&eacute;labr&eacute;, l&rsquo;&eacute;clat d&rsquo;un poignard dans sa main tranchant bri&egrave;vement la nuit. L&rsquo;homme au chapeau poussa un soupir et leva les mains en l&rsquo;air (non sans en profiter pour se rabaisser son couvre-chef sur le nez au passage). </p>
<p>&laquo;&nbsp;Que d&rsquo;originalit&eacute; ! remarqua-t-il d&rsquo;une voix neutre. Est-ce qu&rsquo;on n&rsquo;a jamais invent&eacute; une autre formule pour les bandits de grand chemin ? </p>
<p>- Euh&nbsp;? fit l&rsquo;attaquant &ndash; ou plus exactement l&rsquo;attaquante : sa voix &eacute;tait tr&egrave;s apparemment celle d&rsquo;une femme. Je ne sais pas, moi &ndash; moi je suis pour le respect des traditions... Alors, la bourse ou la vie ? Personne ne traverse la For&ecirc;t sans payer son tribut &agrave; la R&eacute;volution, vous savez. </p>
<p>- Rien que &ccedil;a, fit le chapeau. Eh bien, non, d&eacute;sol&eacute;. Je viens de donner deux cents iouggin&iacute; &agrave; un brave homme pour qu&rsquo;il m&rsquo;indique le chemin de votre... quartier. For&ecirc;t. Endroit.&nbsp;</p>
<p>- Pour qu&rsquo;il vous indique le chemin ? Comment &ccedil;a ? Normalement, les gens cherchent plut&ocirc;t &agrave; nous &eacute;viter. On est la bande la plus redoutable de la r&eacute;gion, tout de m&ecirc;me. Les hommes du Tyran ne ressortent pas d&rsquo;ici. </p>
<p>- Je suis venu <em>observer les oiseaux</em>, souffla le chapeau. On vous aura pr&eacute;venus... </p>
<p>- Ah ! fit la femme-bandit, reconnaissant apparemment quelque mot de passe. C&rsquo;est vous ! Vous avez pris votre temps, dites donc. Bon, suivez-moi, je vous emm&egrave;ne.&nbsp;&raquo; </p>
<p>Sans pour autant rengainer son poignard, elle fit signe au chapeau de le suivre, et s&rsquo;&eacute;clipsa sans un mot &agrave; travers les arbres. Regardant autour de lui, le chapeau percevait &agrave; pr&eacute;sent du mouvement un peu partout : sa guide n&rsquo;&eacute;tait apparemment pas seule &agrave; monter la garde dans la for&ecirc;t. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Suivez-moi, suivez-moi&nbsp;&raquo;&nbsp;, grommela-t-il en escaladant tant bien que mal le muret d&eacute;labr&eacute; par-del&agrave; lequel elle venait de dispara&icirc;tre, puis en d&eacute;valant une rue en pente entortill&eacute;e de racines brise-chevilles et percluse de trous. Alors qu&rsquo;il se raccrochait tant bien que mal &agrave; une branche, une silhouette furtive bondit de derri&egrave;re l&rsquo;arbre et l&rsquo;escalada avec &agrave; peine un froissement de rameaux. Se sentant vaguement humili&eacute;, le chapeau rassujettit son cache-poussi&egrave;re et entreprit de se diriger &agrave; pas d&eacute;termin&eacute;s, mais prudents, vers la lumi&egrave;re bleut&eacute;e qui &eacute;tait apparue au fond de sa vision, silhouettant les formes tordues des arbres d&eacute;nud&eacute;s. </p>
<p><img align="left" src="http://idata.Over-blog.com/0/28/10/99/carami/etoile.jpg" alt="" />&laquo;&nbsp;Eh bien&nbsp;! l&rsquo;interpella sa guide en bas de la descente. O&ugrave; est-ce que vous &eacute;tiez pass&eacute;&nbsp;? Je vous avais bien dit de me suivre&nbsp;!&nbsp;&raquo;</p>
<p>La lumi&egrave;re illuminait un visage mince de jeune femme sous un fouillis de cheveux clairs, des joues sales, un pantalon trop large &eacute;lim&eacute; aux genoux, des gu&ecirc;tres boueuses et une expression pas commode. Et le poignard. </p>
<p>Derri&egrave;re elle, un haut mur de planches, une grange sans doute, abandonn&eacute;e comme tout le reste de ce maudit quartier, et les pans de lumi&egrave;re bleue qui filtraient dans les interstices pour venir d&eacute;couper le paysage emm&ecirc;l&eacute;. &Ccedil;&rsquo;e&ucirc;t &eacute;t&eacute; trop esp&eacute;rer qu&rsquo;on p&ucirc;t respecter le couvre-feu dans un endroit comme celui-ci, mais apr&egrave;s tout, le chapeau n&rsquo;&eacute;tait certainement pas venu l&agrave; pour respecter la loi. Il pensait seulement que l&rsquo;on ne pouvait pas se permettre de l&rsquo;enfreindre n&rsquo;importe comment.</p>
</div>
<p> </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 21 Aug 2006 18:07:03 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lamontagneronde.net/article-3592951.html</guid>
                <category>Carami</category>        <comments>http://www.lamontagneronde.net/article-3592951-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le début]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/article-3583543.html</link>        <description><![CDATA[Comme je l'avais promis il y a d&eacute;j&agrave; une &eacute;ternit&eacute;, voici en exclusivit&eacute; pour vous messieurs-dames le d&eacute;but de <span style="font-style: italic;">Carami.</span> Ce n'est plus le m&ecirc;me d&eacute;but que quand je vous l'avais promis mais ce n'est pas une excuse. <br /><br /><span style="font-weight: bold;"></span>
<div class="hitencart"><span style="font-weight: bold;">Chapitre 1 : O&ugrave; l'on fait la connaissance de quelques conspirateurs et d'un tonneau</span><br />
<p>Le juron le plus courant de la langue caram&egrave;ne, du moins dans les limites d'un langage &agrave; peu pr&egrave;s correct, est <em>allilallilalilallorataminazillaminoumimininalalilallo</em>, qui a l'avantage de pouvoir signifier &agrave; peu pr&egrave;s n'importe quoi selon les circonstances, la longueur des voyelles et des consonnes, le staccato des syllabes, l'humeur du moment et le temps qu'il fait. Le vingt-septi&egrave;me jour de Noristia de l'ann&eacute;e 88.V, il y avait dans le quartier de la For&ecirc;t, &agrave; Selmina, un homme en manteau large et chapeau noir qui marmonnait <em>allilallilalilalorataminazillaminoumimininalalilallo </em>d'une fa&ccedil;on qui ne pouvait que signifier&nbsp;: &laquo; Salet&eacute; de salet&eacute; de qui m'a fichu une salet&eacute; de coin pareil&nbsp;?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et quiconque a d&eacute;j&agrave; essay&eacute; de d&eacute;ambuler, au cr&eacute;puscule, dans un quartier abandonn&eacute; envahi d'arbres, en portant un chapeau rabaiss&eacute; sur les yeux et un cache-nez relev&eacute; jusqu'aux sourcils, n?aurait pas pu lui donner tort. </p>
&nbsp;&laquo;&nbsp;Quelle est la bande de fous qui peut habiter ce fouillis&raquo;, grommela-t-il en fusillant du regard les f&ucirc;ts noirs alentour, apr&egrave;s qu'il eut d&eacute;gag&eacute; &agrave; grand-peine son pied droit d'une marigotique flaque de boue pour l'envoyer buter aussit&ocirc;t contre une pierre d&eacute;log&eacute;e. Ici, le moindre pas s'emprisonnait dans un agglom&eacute;rat peu rago&ucirc;tant de gadoue et de feuilles mortes &agrave; moiti&eacute; pourries, quand il n'allait pas tr&eacute;bucher dans un trou du pav&eacute;, ou un bout de racine aventureux, ou les trois &agrave; la fois. Et le peu de lumi&egrave;re qui restait disparaissait derri&egrave;re les hauts blocs noirs des maisons en ruine et l'enchev&ecirc;trement des arbres nus. La pluie du jour, qui ailleurs en ville avait cess&eacute; depuis une bonne heure d&eacute;j&agrave;, ici d&eacute;gouttait encore des branchages avec un floc-floc-floc d&eacute;primant, et s'insinuait goutte &agrave; goutte &agrave; travers la toile des v&ecirc;tements noirs de l'homme au chapeau. Il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; crott&eacute;, &eacute;gratign&eacute; et plus piqu&eacute; d'aiguilles qu'un coussin de couturi&egrave;re&nbsp;; &agrave; ce train-l&agrave;, il arriverait tremp&eacute; &eacute;galement, et allez avoir l'air s&eacute;rieux dans ces conditions.<br /> </div>
<br /><br />
<div style="text-align: right;">La suite par ici ...&nbsp;<a href="http://lamontagneronde.over-blog.com/article-3592951.html"><img align="absmiddle" src="http://idata.Over-blog.com/0/28/10/99/liens/flechebis.gif" alt="" /></a> <br /><br /><br />
<div style="text-align: left;">J'esp&egrave;re, comme je l'ai d&eacute;j&agrave; dit, pouvoir mettre en ligne tout le premier chapitre en version r&eacute;vis&eacute;e ; mais je ne sais pas combien de temps cela prendra. Oh, ce n'est pas que je n'&eacute;crive pas en ce moment ; j'&eacute;cris ; aujourd'hui, tenez, j'ai &eacute;crit &ccedil;a :
<div>
<p><br /></p>
<div class="hitencart">
<p>Le vocabulaire utilis&eacute;, celui du chant, renvoie in&eacute;vitablement aux passages lyriques de la trag&eacute;die et &agrave; l'esth&eacute;tisation de la douleur&nbsp;; mais cette phrase suit les r&eacute;pliques des tyrans, pleurant leur or et leur vie de luxe sur le ton de la lamentation tragique, ce qui &ocirc;te une bonne part de sa grandeur &agrave; cette douleur (on est ici dans le burlesque de la paratrag&eacute;die) tandis que le rire moqueur de M&eacute;nippe se superpose &agrave; leurs g&eacute;missements et cr&eacute;e une v&eacute;ritable cacophonie.&nbsp;On peut parler d?une esth&eacute;tisation inverse, paradoxale, qui transforme la douleur non pas en beaut&eacute; mais en laideur. </p>
<div>&nbsp;</div>
<p>La sanction par le ridicule, personnifi&eacute;e par les personnages des cyniques, joue ainsi un r&ocirc;le capital dans l?&eacute;thique des Enfers de Lucien&nbsp;; &eacute;thique et esth&eacute;tique se confondent. On se demandait, au d&eacute;but de ce d&eacute;veloppement, si une &eacute;thique infernale &laquo;&nbsp;s&eacute;rieuse&nbsp;&raquo; pouvait &ecirc;tre d&eacute;tach&eacute;e de ce d&eacute;cor burlesque&nbsp;; on se rend compte qu'au contraire, l'un et l'autre sont &eacute;troitement associ&eacute;s. Ce qui signifie, bien &eacute;videmment, que le mot &laquo;&nbsp;s&eacute;rieux&nbsp;&raquo; ne doit pas &ecirc;tre pris dans son sens ordinaire, <span style="font-style: italic;">spoudaios</span> par opposition au <span style="font-style: italic;">geloios</span> ; chez Lucien l'un n'exclut pas l'autre, et il repr&eacute;sente le cas (unique hors de la com&eacute;die) d'un auteur, selon le mot d'un contemporain, <span><span style="font-style: italic;">spoudaios es to gelasth&ecirc;nai</span>,&nbsp;</span>&laquo;&nbsp;prenant le rire au s&eacute;rieux&nbsp;&raquo; - mais on constate que l'inverse s'applique tout aussi bien.</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div>&nbsp;Passionnant, pas vrai ? <br />Par piti&eacute; - dites-moi que vous pr&eacute;f&eacute;rez le premier extrait... <br /><br /></div>
</div>
<img align="right" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/28/10/99/carami/homme-au-chapeau.jpg" /><span style="font-style: italic;">L'homme au chapeau - pas vrai qu'il est beau ? </span><br clear="all" /><br /></div>
</div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 20 Aug 2006 18:54:23 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lamontagneronde.net/article-3583543.html</guid>
                <category>Carami</category>        <comments>http://www.lamontagneronde.net/article-3583543-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[J'ai replongé...]]></title>
        <link>http://www.lamontagneronde.net/article-3558856.html</link>        <description><![CDATA[H&eacute;las ! Ayant trop mal &agrave; la t&ecirc;te pour travailler aujourd'hui, je me retrouve d&eacute;j&agrave; &agrave; rompre ma promesse d'il y a quelques jours et &agrave; recommencer de me torturer la cervelle sur <span style="font-style: italic;">Carami</span>. J'ai &eacute;crit un nouveau nouvel incipit, dont le pire est que je suis assez contente (je garde l'ancien nouveau, en le changeant seulement de place ; il n'y a que l'ancien ancien qui passe d&eacute;finitivement &agrave; la trappe) ; et je crois que je viens de d&eacute;bloquer un point qui me causait souci depuis un bon moment. <br /><br /><br />Carlino, le tyran de Mazya-Caramina, est une &acirc;me solitaire ; je ne peux lui imaginer ni amis ni v&eacute;ritables amours, et c'est en solitaire que je le concevais depuis le d&eacute;but. Cependant, je me suis avis&eacute;e il y a quelque temps qu'un roi se souciant de la p&eacute;rennit&eacute; de son royaume, et donc de celle de sa lign&eacute;e, ne pouvait pas rester c&eacute;libataire comme le premier p&eacute;kin venu. Il lui fallait une femme. Mais quelle sorte de femme imaginer &agrave; un Carlino ? <br /><br />Aujourd'hui, je pense &ecirc;tre arriv&eacute;e &agrave; un bon accomplissement avec la seigneuresse Catianni Zinna (j'ai r&eacute;cup&eacute;r&eacute; le nom d'un personnage &eacute;pisodique finalement supprim&eacute;).<br /><img align="left" src="http://www.mezimages.com/image/anilori/Catianni%20Zinna.jpg" alt="" /><br />Quand il s'avisa qu'il lui faudrait, t&ocirc;t ou tard, procr&eacute;er un h&eacute;ritier, Carlino chercha longuement parmi les femmes de la noblesse caram&egrave;ne laquelle serait la plus appropri&eacute;e pour cette t&acirc;che. Il porta finalement son choix sur la seigneuresse Catianni, car ce mariage lui permettrait &eacute;galement de s'approprier les chantiers navals de Minnina&iacute; et surtout les for&ecirc;ts environnantes, ce qui, dans un pays o&ugrave; le bois est une denr&eacute;e rare, n'&eacute;tait pas une mince affaire. <br /><br />On r&eacute;gla donc les fian&ccedil;ailles et Catianni, ravie de l'aubaine, abandonna son fief pour venir s'installer au palais royal, pr&ecirc;te &agrave; profiter de toutes les opportunit&eacute;s offertes &agrave; la Reine pour s'assurer le plus d'influence possible. Cependant, elle fut d&eacute;&ccedil;ue. Carlino n'avait jamais eu aucune intention de partager son pouvoir, ni m&ecirc;me de faire le moindre favoritisme, f&ucirc;t-ce en faveur de sa propre femme. Pour lui, Catianni &eacute;tait l&agrave; pour lui faire un h&eacute;ritier et c'&eacute;tait tout. Et quand, au bout de cinq ans de mariage (Carlino ayant &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute; parmi les Ondins, qui se reproduisent comme les poissons sans contact physique, il lui avait peut-&ecirc;tre fallu plus de temps qu'&agrave; la moyenne des hommes pour saisir le concept), naquit un petit prince Fl&eacute;mo*, la seigneuresse Catianni fut gentiment pri&eacute;e de faire ses bagages et de rentrer dans son fief, car on n'avait plus besoin d'elle. <br /><br />Furieuse, elle s'ex&eacute;cuta, mais son gouvernement sur ses terres prit &agrave; partir de ce moment une tournure nouvelle. Quand elle &eacute;tait partie pour Selmina, Catianni avait toutes sortes de projets pour Mazya-Caramina et, faute d'avoir pu les mettre en oeuvre l&agrave;-bas, elle &eacute;tait d&eacute;cid&eacute;e &agrave; se rattraper avec son fief. Lequel devint donc en peu de temps une terre &agrave; part du reste du royaume, et dans ses for&ecirc;ts s'appliquaient des lois &eacute;tranges et innovantes sous la f&eacute;rule autoritaire de la seigneuresse Catianni, clo&icirc;tr&eacute;e dans son manoir d'o&ugrave; elle ne sortait quasiment plus jamais. Comme la r&eacute;gion &eacute;tait relativement isol&eacute;e, elle y faisait plus ou moins ce qu'elle voulait. C'est &agrave; cette &eacute;poque qu'on vint &agrave; parler, ailleurs en Carami, des &quot;gens du Sud&quot; comme d'&eacute;nergum&egrave;nes bizarres et tous plus ou moins incompr&eacute;hensibles. <br /><br />C'est dans ce cadre que se pr&eacute;para une carte qui devait &ecirc;tre capitale dans le jeu qui devait mener au renversement de Carlino. Quelques ann&eacute;es avant d'&ecirc;tre demand&eacute;e en mariage par le Roi, la seigneuresse Catianni avait eu une liaison avec l'intendant de ses jardins, un esclave ; et il en &eacute;tait n&eacute; une petite m&eacute;tisse, autrement dit, une monstruosit&eacute;. A peine accouch&eacute;e, Catianni avait refourgu&eacute; l'enfant &agrave; son p&egrave;re, s'&eacute;tait arrang&eacute;e financi&egrave;rement pour qu'elle b&eacute;n&eacute;ficie quand m&ecirc;me de la meilleure &eacute;ducation possible et avait &eacute;touff&eacute; l'affaire. Et la petite fille, nomm&eacute;e Malia, grandit en ignorant qu'elle &eacute;tait la demi-soeur du prince h&eacute;ritier du royaume. <br /><br />Quand Catianni revint dans son fief apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; plus ou moins r&eacute;pudi&eacute;e et qu'elle commen&ccedil;a &agrave; faire de sa terre un royaume &agrave; l'int&eacute;rieur du royaume, des opportunit&eacute;s insoup&ccedil;onn&eacute;es s'offrirent &agrave; la jeune Malia, qui y b&eacute;n&eacute;ficia de possibilit&eacute;s qui auraient &eacute;t&eacute; impensables ailleurs pour une enfant m&eacute;tisse. Elle eut une enfance et une adolescence riches, fut choy&eacute;e par son p&egrave;re et ses pr&eacute;cepteurs que la seigneuresse Catianni avait couverts lib&eacute;ralement d'or en &eacute;change de leur silence, et prit l'habitude de faire et d'avoir tout ce qu'elle voulait. <br /><br /><img align="right" src="http://www.mezimages.com/image/anilori/Malia.jpg" alt="" />Adulte, attir&eacute;e par l'aventure et l'exotisme et d&eacute;cid&eacute;e &agrave; ce que le monde entier la connaisse et l'admire, elle d&eacute;cida de tout plaquer et de monter &agrave; Selmina, la capitale. Et, &agrave; d&eacute;faut du monde entier, tout ce qui comptait de personnalit&eacute;s dans la ville la connut et l'admira. Elle &eacute;tait d'une beaut&eacute; radieuse, son m&eacute;tissage, qui aurait &eacute;t&eacute; inacceptable ailleurs, passait tr&egrave;s bien pour une &quot;fille du Sud&quot;, par d&eacute;finition exotique et diff&eacute;rente du commun des Caram&egrave;nes. Elle se fit appeler Malia l'Oc&eacute;ane, elle rendit heureux successivement un certain nombre de notables selminans, et v&eacute;cut plusieurs ann&eacute;e dans la plus parfaite insouciance. <br /><br />En 80.V, le prince h&eacute;ritier Fl&eacute;mo &eacute;tait mort dans un des premiers grands attentats (bient&ocirc;t, on ne les compterait plus), alors qu'il officiait &agrave; la place de son p&egrave;re. Quand elle l'avait appris, la seigneuresse Catianni avait aussit&ocirc;t envisag&eacute; les consid&eacute;rables possibilit&eacute;s que cela offrait. La loi des h&eacute;ritages voulait que les biens d'une personne morte sans enfants reviennent &agrave; ses fr&egrave;res et soeurs. En &eacute;tirant un peu la loi, cela signifiait que le titre d'h&eacute;ritier de la couronne revenait &agrave; pr&eacute;sent &agrave; Malia... <br /><br />Mais Malia avait depuis longtemps disparu de la vie de sa m&egrave;re, et celle-ci, ignorant que sa fille menait la grande vie &agrave; Selmina, d&eacute;cida de renoncer. Cependant le plan vint, d'une fa&ccedil;on ou d'une autre, aux oreilles des espions du roi qui, inquiets, se mirent sur les traces de la jeune femme et finirent par la retrouver. Et la mettre &agrave; l'ombre. <br /><br />Au moment o&ugrave; elle arrive dans notre histoire, Malia croupit depuis deux ans au terrible bagne des pompes &agrave; eau, en butte aux moqueries des autres prisonni&egrave;res ravies de voir une &quot;mondaine&quot; s'&eacute;chouer dans leur enfer. Mais un tour de hasard va remettre la carte en jeu... <br /><br />Quant au roi Carlino, son h&eacute;ritier mort, il reste seul et plus solitaire que jamais. On le presse de reprendre femme ; mais techniquement, cela pose probl&egrave;me car il est toujours mari&eacute; &agrave; Catianni (qui, n'&eacute;tant plus en &acirc;ge d'avoir des enfants, ne peut plus servir &agrave; grand-chose &agrave; part lui mettre des b&acirc;tons dans les roues). Il pourrait se d&eacute;barrasser d'elle plus d&eacute;finitivement. Mais pour une raison ou pour une autre, il s'y refuse et ignore les remarques de ses courtisans sur sa non-immortalit&eacute;...<br /><br />______________________<br />*Fl&eacute;mo, en caram&egrave;ne, signifie &quot;qui va loin&quot; ou &quot;qui ira loin&quot;. C'est &agrave; la fois un nom de bon augure pour un futur roi et, surtout, un hommage de Carlino &agrave; sa propre m&egrave;re, la reine Flama (&quot;celle qui vient de loin&quot;). Avenir dans la continuit&eacute;. <br /><img align="absmiddle" alt="" src="http://www.mezimages.com/image/anilori/Flemo.jpg" /><span style="font-style: italic;">Le prince Fl&eacute;mo, peu avant sa mort</span>]]></description>
        <pubDate>Thu, 17 Aug 2006 18:26:26 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lamontagneronde.net/article-3558856.html</guid>
                <category>Carami</category>        <comments>http://www.lamontagneronde.net/article-3558856-6.html</comments>                    </item>
  
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