Vendredi 22 juin 2007
Voilà ce que Roanne a gentiment laissé sur le pas de la porte :

Les "tagués" doivent écrire sur leurs blogs 7 choses à leur propos ainsi que ce règlement. Vous devenez ensuite tagueur et devez taguer 7 autres personnes et les énumérer sur votre blog. Vous laissez alors sur les blogs de ceux que vous souhaitez taguer un commentaire leur indiquant qu’ils ont été tagués et les invitant à lire votre blog.

Décidément, la curieuse espèce qu'est la chaîne bloguesque affirme ses tendances inquisitrices. Après avoir fait vingt révélations sur mon compte l'année dernière, puis cinq autres un peu plus tard, que me reste-t-il donc à dire sur moi qui n'ait déjà été dévoilé à la curiosité du monde ?
Sur ce, je lis les réponses de Roanne, celles de Syven et de Blackwatch, et je constate que je ne suis pas la seule à avoir envie de me défiler. Seulement, comme je doute d'avoir sept choses à dire sur mon chat qui est un loustic à la personnalité peu compliquée, j'ai décidé de profiter de l'occasion pour laisser la parole à Maïlin. Je vous ai déjà parlé d'elle, l'héroïne-narratrice de mon nouveau petit-projet-deviendra-grand ; mais j'ai laissé flotter autour d'elle un mystère d'autant plus inutile que les "spoilers" ne cibleraient pour le moment qu'une page et demi. Il est temps de rattraper cela.

Les sept révélations de Maïlin He-Li Sampaï, fille de Sampaï et de Nemka :

Mailinbis.jpg1 - Je sais parler. Ca en surprendra pas mal, que j'ai laissés croire que j'étais muette parce que je préfère m'exprimer par signes et en titillant ma basseligne. La vérité, c'est que ça va plus vite, et que ça évite beaucoup de gêne et d'embarras.
Nemka, ma mère, prétend que si je m'en donnais la peine je pourrais arriver à parler sans bégayer. Bof. J'ai essayé, et on s'est suffisamment moqué de moi dans la troupe. Peut-être que je m'y mettrai sérieusement un jour. Mais en attendant, les cordes de mon instrument me servent de cordes vocales et je m'en contente.

2 - Je sais écrire. Pour l'alphabet du Fleuve, c'est Canevas qui me l'a appris ; il s'était pris d'affection pour moi, je ne sais pas trop pourquoi, sans doute qu'il me prenait pour une marginale comme lui. N'empêche que ça m'a bien servi. Quant aux idéogrammes, il était inconcevable que je devienne Dame de Compagnie à la Cour sans savoir les écrire, alors on m'a envoyée dans une école de Frères pour que je les apprenne. C'est là que j'ai eu l'idée d'écrire mon histoire.

3 - Je suis fille de chef. Si je ne bégayais pas, je serais devenue Interprète. Mais quand mon père s'est aperçu que je ne pourrais jamais aligner trois mots de façon correcte, il m'a reléguée chez les musiciens. C'est généreux de sa part ; tous les chefs de clan ne tolèrent pas les canards boiteux. J'aurais pu finir abandonnée dans quelque cabanerie de bord de Fleuve.

4 - Lian, mon demi-frère, le fils de Sampaï et de Nin, est Interprète. Il est l'Homme du Ciel, rien que ça. Mais de vous à moi, ça n'empêche pas qu'il ne soit guère dégourdi. Dès qu'il a un problème (et je vous prie de croire que ce n'est pas rare), c'est à moi qu'il vient demander secours. J'ai toujours rêvé de le laisser en plan - ou pire, de dire à tout le monde que l'Homme du Ciel venait se réfugier dans les jupes de la bègue. Mais encore eût-il fallu que je puisse parler.

5 - J'avais quatre ans quand Sampaï m'a remise entre les mains du chef des musiciens. Il a voulu me faire essayer des instruments légers, dignes d'une frêle enfant, les flûtes, l'orgue de verre, le xylophone ; peine perdue ! Je me suis tout de suite accrochée à la basseligne, l'instrument le plus lourd et le moins noble de l'orchestre. On avait beau me répéter que ce n'était qu'un instrument d'accompagnement et qu'une fille de chef méritait de jouer des solos, je n'ai pas voulu en démordre. Le truc était plus grand que moi au départ, mais je ne l'ai pas lâché, et j'ai appris à en jouer comme une experte - de toutes les façons. Je peux vous jouer dessus des mélodies à vous tirer les larmes, et je peux vous fracasser le crâne avec. 

6 - J'ai une qualité assez rare dans les tribus He-Li, mais très utile dans les contrées liyabaennes où j'ai vécu les derniers temps de mon histoire : je supporte le froid. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de ma basseligne.

7 - Comme je ne parle pas, les gens ont tendance à me prendre pour une simple d'esprit. Lileng, qui fait le ménage dans la bibliothèque de l'école où j'ai appris à lire, est toujours très gentil avec moi ; mais je sens qu'il l'est comme il le serait avec une petite fille, ou une vieille grand-mère gâteuse. Et c'est pour cela que j'ai décidé d'écrire ce livre. Pour qu'il sache ce que j'ai vécu, et d'où je viens, et toutes les pensées qui se bousculent dans ma tête sans que je puisse jamais les exprimer. Pour qu'il sache qui je suis.


Voilà. Maintenant, je "tague" (qu'est-ce que c'est que ce mot barbare ?) mon père Sampaï, ma mère Nemka, mon frère Lian, Isei, Lileng, son grand-père et Canevas. Mais je vous laisse le soin d'aller les trouver pour le leur annoncer.
Amicalement.
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publié dans : Petit projet deviendra grand communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
Mardi 22 mai 2007
Bon, vous me connaissez, vous commencez à savoir que l'inspiration me vient toujours aux moments où j'ai le plus autre chose à faire. Cette nuit, je n'ai pas trouvé mieux que de rebondir du lit à minuit pour poser enfin les premières lignes de mon Petit-Projet-deviendra-Grand.

Me voilà donc maintenant, comme si j'avais besoin de ça, avec quatre romans en route : un à corriger (les aventures de Chloé), un à désembourber (Carami), un en jachère (le pays du Mi-Chemin) et un long d'une page et demi que j'ai surnommé pour le moment, faute de mieux, "le livre de Maïlin".
En effet j'ai définitivement choisi de raconter cette histoire à la première personne, jugeant que cela ne me servait à rien d'avoir Maïlin comme personnage principal si elle n'était pas aussi narratrice. N'empêche que je me demande ce que ça va donner ; je ne veux pas que ça ressemble au grand n'importe quoi énonciatif que sont les aventures de Chloé, alors j'ai intérêt à surveiller mes mains et à ne pas les laisser taper n'importe quoi. Et puis, contrairement à Chloé, Maïlin écrira avec un recul d'un an ou deux, elle connaîtra donc la fin dès le début, on sera dans le ton des mémoires plutôt que du journal intime.
Mais ce n'est pas pour autant que je veux assommer mon lecteur avec le récit de tout ce qui est arrivé à cette chère petite depuis sa naissance, et qui n'a rien de franchement palpitant ; et je suis donc à la recherche d'une scène inaugurale qui permettrait de commencer le récit de façon relativement naturelle.

En attendant, je n'ai donc pu poser qu'une vague introduction et, auparavant, un petit passage à la troisième personne qui fera partie du récit-cadre dans lequel s'intègre le livre de Maïlin. Passage que je vous offre ce soir en exclusivité :

La bibliothèque est immense, et drapée de ténèbres, et vide. Le jeune Lileng, qui jusqu’à tout à l’heure faisait le tour des rayons, plumeau en main, et chantonnant tout doucement sa chanson habituelle, a fini son service et s’est éclipsé par la haute porte du fond. Et Maïlin est restée seule, emmitouflée dans sa couverture, sur l’appui de la grande fenêtre dépolie de l’autre côté de laquelle le monde se dissout sous les rafales de neige ; seule avec un bol de soupe qui gèle, une vitre qui s’embue, et un monde qui tourbillonne autour d’elle. 

Il y a écrit « silence » sur les murs dans une demi-douzaine de langues, mortes et vivantes.

Mais Maïlin hurle en silence.

Ses joues s’empourprent, ses lèvres se mordent et ça fait belle lurette que la propreté rigoureuse de son plaid (fourniture de l’intendance impériale) n’est plus qu’un souvenir. La plume qui virevolte dans sa main sème son encre un peu partout, et ne vous y trompez pas, si Maïlin pouvait déployer ses sentiments à un aussi grand rayon que volent les gouttelettes noires sur le fond blanc, elle ne se serait pas embêtée avec un matériel aussi technique. 

Si Maïlin pouvait parler, elle parlerait. Et il y en a un en tout cas qui serait bien étonné.

 

L’avantage du livre, se dit-elle, c’est que je ne verrai pas la tête qu’il fera quand il le lira.

L’inconvénient, c’est que je ne verrai pas la tête qu’il fera quand il le lira...
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publié dans : Petit projet deviendra grand communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
Lundi 25 septembre 2006
...Car voici l'indispensable compagnon de la déesse du fleuve : le dieu du ciel (quand ils auront des noms ces deux-là je me sentirai moins bête).
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publié dans : Petit projet deviendra grand
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