Vendredi 18 avril 2008
Si, dans un avenir improbable, je reprends Carami, penser à insister sur l'aspect "naissance d'une nation, création d'une mythologie". Avec toute la littérature que je me farcis sur les mythes dans le cadre de mon mémoire de M2, ce serait dommage de ne pas la mettre à profit.

...Sans compter que, sans blague, c'est passionnant, et mine de rien la thématique est en arrière-plan de toute l'histoire. Pensez : créer un monde imaginaire, quel qu'il soit, c'est forcément imaginer ses façons de penser, ses dieux, ses légendes, tout ce avec quoi les auteurs de fantasy s'éclatent depuis un demi-siècle. Vous vous rendez compte qu'en plus de quatorze ans, je n'ai encore jamais approfondi la question de ce en quoi croient les Caramènes ? Ca va changer (si ça vous intéresse, Mazya-Caramina étant un pays issus de brassages culturels, je prévois de faire se côtoyer les croyances anciennes des Mariens, qui me font penser à la religion romaine d'avant l'hellénisme, avec divers Etres Suprêmes venus des quatre coins du monde et une portion de culte des êtres magiques qui partagent le territoire avec les humains : Carames et Ondins essentiellement, avec peut-être une importance marginale des Aevines qui après tout passent dans le coin de temps à autre).

Ensuite, nous avons le roi Carlino et son entreprise de recréation de la nation caramène à partir du point zéro de l'Assèchement. Forcément, il va chercher à resserrer son peuple autour de mythes fondateurs, avec lui-même en figure messianique et la Reine-Mère en quasi-divinité - vu ses pouvoirs magiques et le caractère fondamentalement étranger des Ondins, les Caramènes en seraient venus d'eux-mêmes à les révérer comme des puissances de la nature de toute manière. Accessoirement, l'établissement d'une mythologie nationale passe aussi par l'insistance sur les figures de Mazya la Fondatrice et surtout de l'autre reine-mère, la biologique, Flama (un personnage pour lequel j'ai une sympathie mal expliquée, voir le mini-récit que j'avais consacré à sa vie ici).

A cette version de l'Histoire, les magiciens, qui sont la principale communauté antagoniste, vont forcément chercher à opposer la leur, qui va chercher du côté des grandes Lignées issues d'Elmarie et de leur rôle dans la fondation de Mazya-Caramina. Ce qui donne à mon héroïne, Alida, une importance symbolique qu'elle pourra utiliser mais avec laquelle elle devra sans doute aussi se débattre.

Mais la mythologie n'est qu'un aspect de ce que je voudrais arriver à faire. A savoir, unir encore plus l'ensemble de la nation caramène, avec sa civilisation, ses structures, etc., à la personne du roi Carlino, et faire de l'exploration du pays une sorte d'exploration du personnage. Ca donnerait sans doute un interêt renouvelé à cette histoire qui est, faut le dire franchement, assez cliché (grosso modo, de vaillants rebelles se dressent contre un tyran avec l'aide de puissants magiciens...), et j'aurais bien besoin de ça pour me motiver à la reprendre.

Bon, ça ne résoudrait pas tout, notamment : qu'est-ce que je fais des Catiannistes et de Malia, comment maintenir le suspense dans la troisième partie, que cherche exactement Noran, que va faire Admara, dois-je garder le maître des prisons, comment introduire ce satané chapitre 1, quel sera le rôle d'Eilan et de sa petite famille, celui de Monalim Vanna, à quel niveau dois-je entrer dans la tête de Carlino, que faire de la corporation des historiens, comment démêler cette satanée cochonnerie de fichue deuxième partie ?

(Et la plus importante : QUAND trouverai-je le temps de faire tout ça ?)
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publié dans : Carami communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
Lundi 19 février 2007


Nouveaux personnages, nouvel incipit, nouvelles intrigues, nouvelles dynamiques... Je sens que l'écriture de Carami repart sur de bonnes bases !
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publié dans : Carami
Dimanche 10 septembre 2006
Le seigneur Quinzadio Algalinda, s'il vous plaît. Ce n'est qu'un des noms de ce personnage qui se promène çà et là dans Carami, ni gentil ni méchant, n'appartenant à aucun des camps en présence si ce n'est au sien propre, capable de vous raconter de belles histoires un jour et de vous trahir le lendemain ; érudit vagabond, menteur expert, aristocrate le matin et magicien le soir, médecin quand ça l'inspire, escroc par tous les temps. Pour diverses raisons, les relations sont relativement tendues entre Noran et lui ; pour parler clairement, ils ne peuvent pas se voir. Une des raisons en est sans doute que Quinzadio est le seul, à part Alida, à percer Noran à jour, et qu'il tient à le lui faire savoir au moyen d'allusions plus ou moins fines.

Le seigneur Quinzadio est assez vieux pour avoir connu l'Engloutissement ; il a vu de ses propres yeux les quarante-quatre années de règne de Carlino. Mais il préfère l'Histoire à la réalité, et se moque de savoir que l'Histoire a pu être arrangée a posteriori, tant qu'elle lui permet d'exercer tout son talent de conteur. Pour lui, la vérité est ce qui a les plus jolies couleurs. Il serait un propagandiste idéal à la solde du Roi, s'il pouvait être vraiment à la solde de qui que ce soit.





Une seule chose ne change pas avec les diverses identités du seigneur Quinzadio : son art du ronchonnage.


Ci-dessous, un extrait du chapitre 8 de la première partie ; le "elle" du début désigne Lerhyn. Quant au "seigneur Monalim Vanna", c'est une fausse identité prise par Noran (il y a bien un vrai Monalim Vanna, ceci dit, il fait son apparition dans la deuxième partie, j'en parlerai peut-être), au moyen des oripeaux d'aristocrate de comédie du seigneur Quinzadio, qui passent donc d'un vagabond déguisé en seigneur à un seigneur devenu vagabond déguisé en seigneur...

Elle réintégra l’Hôtel du Lac à la nuit tombée, épuisée et frigorifiée, mais bien décidée à ne rien laisser voir ; cela ne les regardait pas. Elle grimpa l’escalier sombre qui menait à la luxueuse salle commune au premier étage, entra en plissant les yeux pour ne pas être éblouie par la profusion de lampes et de feux, et rejoignit le seigneur Quinzadio qui était attablé dans un coin devant une tasse fumante. Tête nue et sans manteau nobiliaire, il donnait à Lerhyn l’impression d’avoir perdu la moitié de son volume ; d’autant qu’il était passablement avachi. Comme il était le seul client dans la pièce, les deux serveurs assis devant le poële ne le quittaient pas des yeux.

« Tiens, seigneur Quinzadio, on vous a laissé quitter le lit ? Vous n’étiez pourtant pas très brillant cet après-midi, remarqua-t-elle.

- Ça, tu peux le dire, rétorqua le seigneur d’une voix éraillée, en dardant sur elle des yeux rouges. Mais… dis-moi… quel nom m’as-tu donné ? Quinzadio ? Tu sais bien que je m’appelle Quinti. Franchement, qui peut oser s’appeler Quinzadio, à part un de ces aristos pompeux ?

- Ah, tiens ? Vous n’êtes plus noble ? s’étonna Lerhyn.

- Il y en a déjà un dans ce groupe, répondit-il en désignant le plafond d’un geste maussade. Il n’y a pas la place pour deux. Tant pis, mais après tout, je suis bien mieux qu’un noble, moi, bien mieux…

- Vous êtes quoi ?

- Un magicien, chuchota-t-il ( cela dit, cela ne changea pas grand-chose à sa voix déjà bien maltraitée par la grippe ). Et, voyant que Lerhyn ouvrait de grands yeux : Oui, mademoiselle ! Un magicien de la plus grande lignée magique qui ait jamais existé en Carami. Mes ancêtres ont eu des pouvoirs qui te feraient frémir, gamine, rien qu’à les imaginer… Quinti Alliyo, c’est mon nom, Quinti Alliyo de la Lignée d’Allimara, héritier direct de Lanuri-Lella en personne ! Hélas, les temps ne sont plus favorables aux Grands Magiciens, de nos jours… obligés de nous cacher… Mais je sais des choses… Des choses… ( Sa voix se cassa et il partit dans une quinte de toux monumentale. ) Allez, conclut-il d’une voix allègre – ou qui voulait l’être – à ma santé ! » Et il avala une grande gorgée de son grog, avant de reposer la tasse sur la table et de s’avachir encore un peu davantage.

« Ouais, je crois que vous en avez besoin, fit Lerhyn. Et No… euh, le seigneur Vanna, il est où, lui ?

- En haut, répondit Quinti-Quinzadio en gardant le nez plongé dans son grog. Je ne sais pas ce qu’il fabrique, mais c’est louche. Depuis le début de l’après-midi, j’essaie de lui demander quand est-ce qu’il a l’intention de m’aider comme il me l’a promis… mais tu connais ces nobles, hein. Dès qu’il s’agit de rendre service, il n’y a plus personne ! 

- Euh… bon », fit Lerhyn en dissimulant son étonnement. Laissant l’incompréhensible individu qu’elle croyait connaître se mirer dans sa tasse, elle escalada deux à deux l’escalier menant aux chambres, et ouvrit à toute volée la porte de la suite allouée au seigneur Monalim Vanna.




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publié dans : Carami
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