Les chaînes de blogs, c'est comme l'épidémie de grippe, on se demande longtemps avant si on va y avoir droit mais sauf à s'auto-mettre en quarantaine, on n'y peut pas grand-chose. En dépit de l'hibernation annoncée de la montagne, me voilà donc enchaînée par
Roanne et invitée à révéler sur mon compte
cinq choses - pas une de plus, pas une de moins - que les visiteurs de l'endroit ne sont pas censés connaître.
Me voilà donc à racler ma cervelle à la recherche des petites choses que j'aurais pu ne pas encore vous révéler à un endroit ou à un autre, et rougissant à la pensée que je ne trouve rien d'autre que :
1 - Je suis désespérément hypocondriaque ; le moindre mal de tête et je me vois atteinte d'une tumeur, la plus petite palpitation cardiaque et je suis au bord de l'infarctus (oui, oui, à vingt-deux ans). Je me souviens, il y a deux ans, m'être réveillée le crâne dans un étau et avoir paniqué pendant une demi-journée en m'imaginant une méningite foudroyante - qui s'est finalement transformée en une crève d'anthologie que j'ai traînée le reste de la semaine. Je suis hautement sensible à la contagion par voie oculaire (à savoir, il suffit que j'apprenne l'existence d'une maladie dans un livre pour en êtrre aussitôt gravement atteinte). A côté de cela, comme tous les vrais hypocondriaques, j'ai une santé resplendissante.
2 - J'ai la phobie des arthropodes à longues pattes. Je me sens mal à l'aise en présence d'un plateau de fruits de mer.
3 - Le premier mot que j'écrivis, à l'âge de trois ans et demi - provoquant l'enthousiasme durable de mon institutrice et de ma maman - fut, paraît-il, "cochon".
4 - Relation de cause à effet ? Allez savoir. J'ai toujours eu l'impression de ne pas être une vraie Littéraire, quoi que ça puisse être. Il me semble manquer de tout ce qui fait cet être intéressant : la lecture boulimique de classiques, l'intérêt pour la critique des années 60, la capacité à aller au théâtre et dans les cinémas d'art et d'essai, l'écriture de poèmes et de
vraie littérature (sans magiciens et hommes-poissons dedans, de préférence), la connaissance aiguë des tendances littéraires actuelles, la possibilité d'assister à un cours sur Denys d'Halicarnasse sans en profiter pour essayer de caricaturer le professeur, etc. C'est hautement complexant dans mon milieu. Autre chose déconcertante : en dépit de tout ça j'ai toujours eu de bonnes notes dans les matières littéraires et
je n'ai jamais compris pourquoi.
5 - Depuis un peu plus d'un mois, je suis sous traitement par antidépresseurs sur l'ordonnance du médecin qui a la dure tâche de s'occuper de ma phobie sociale. Contre toutes mes attentes, j'ai l'impression que ça marche. J'ai moins envie de me cacher à longueur de temps, j'ose adresser la parole à mes camarades qui ne gagnent sans doute pas au change, et j'ai même brillamment affronté l'épreuve de l'exposé sur le mot "que" dans les pages 128 à 134 du
Malade imaginaire, devant un public d'au moins six personnes professeur compris. Malgré tout ça je reste dubitative et méfiante à l'égard de toute espèce de machin chimique - j'en arrive même à me faire peur, comme si ce n'était pas moi qui occupais mon corps depuis un mois... Au secours, exorcisez-moi...
PS : Ya trois nouveaux portraits à moi dans la
galerie de Tonton
Zordar, vous pouvez aller y jeter un oeil, ce n'est pas comme si une visite chez Zordar pouvait être du temps perdu...
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