Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /2006 18:01

" Eh bien, vigie, demanda Annie, qu'est-ce qui vous arrive ?

- Il m'arrive, mademoiselle la commissaire, que cet idiot de Bébert a voulu me tirer comme un lapin, et que, étant moins armé que lui, il était tout naturel que je préfère me soustraire à cette situation ! Mais ne vous inquiétez pas, j'y retourne tout de suite, et cette fois, gare à lui s'il recommence, je serai sans pitié ! "

Et, prenant appui sur le lit, il bondit incontinent sur le toit. Annie se demandait ce qu'il entendait par " je serai sans pitié ". Avec lui, on ne savait jamais...

Elle allait retourner sur son fauteuil de fortune, lorsque retentit à nouveau le tac-tac-tac de la mitraillette. Elle ne remua pas un cil : elle commençait à être accoutumée au fait que Bébert tirât sur tout ce qui bougeait. Mais elle fut surprise d'entendre, juste après la rafale, une autre série de coups de feu, que son oreille exercée de commissaire de police reconnut pour être ceux d'un pistolet. Qui avait fait cela ? Les trois agents étaient à l'intérieur de la pièce...

Ce fut alors que Maximilien se laissa de nouveau tomber sur le sol de la chambre.

" Vous avez vu ? fit-il, l'air triomphant. Je vous avais dit que je serais sans pitié !

- Quoi ? s'étonna Annie. C'est vous qui avez tiré ? Mais... avec quelle arme ? Et avez-vous touché quelque chose ?

- Non, j'ai tiré à côté. Déjà que vais être condamné pour vol, je n'allais pas commettre un meurtre en sus !

- Mais, je répète ma question : avec quelle arme avez-vous tiré ?

- Ma foi, répondit Maximilien en exhibant un pistolet du même genre que ceux qu'employaient les agents de police, avec ceci.

- Vous étiez donc armé ?

- Oh, certainement pas ! Cet engin est à l'agent 33. Tenez, je vous le rends...

Il lança, d'un geste habile, le pistolet à Jean d'Arme, qui le rattrapa avec peine, tellement il était hébété. Bien sûr, à aucun moment il n'avait remarqué que son arme n'était plus dans sa gaine !

- En tout cas, dit Maximilien d'un ton assuré, je ne retourne plus sur le toit. Je ne sais pas si vous pensez comme moi, mais je n'apprécie pas vraiment qu'on me tire dessus. A vrai dire, ce genre de feu me laisse froid.

- Ne vous en faites pas, je suis du même avis que vous, dit Annie. Mais je me demande ce qu'est devenue Estaline ? Je suis follement inquiète... Je n'aurais jamais dû la laisser partir ! J'espère qu'elle va s'en sortir... ( puis, se levant brusquement de son fauteuil :) Non, je n'y tiens plus. Je vais essayer de la retrouver !

- Voulez-vous que je vienne avec vous ? demanda Maximilien, qui commençait à s'ennuyer à présent qu'il était déchu de son poste de vigie.

- Non. Moins on sera, mieux nous nous débrouillerons. A plus tard ! "

Elle disparut dans l'escalier.

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Publié dans : La tradition d'Allahva
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