Samedi 9 décembre 2006
Depuis quelques jours, mon crayon semble revenu des portraits de Disquemondiens à de nouvelles esquisses concernant Carami. Ne nous réjouissons pas trop vite, cela ne signifie pas que je vais me remettre à écrire ; mais peut-être pourrai-je au moins revenir à une ambiance propice.

Déjà, je me rends compte que je ne pourrai pas continuer cette histoire sans en mettre d'abord au point les motivations, qui se sont pas mal perdues dans le flou pendant que je me consacrais aux Aventures Extraordinaires de Chloé Zinalla, puis à mon mémoire, puis à mon agrègue (toujours à l'ordre du jour, mais on a tout le même le droit de faire autre chose non ?).

Tout compte fait, je garde la division en trois parties, elle me convient bien. Chaque partie a un personnage central et un cercle différent d'ambiances, de points de vue, de rythmes et de motivations ; mais je garde Noran en fil directeur, parce que, parce que, parce que, euh, parce que voilà. Je fais ce que je veux d'abord. Mais dans tous les cas il faut maintenant que je me concentre à fond sur la deuxième partie ; et que je définisse une bonne fois pour toutes ce qui est censé s'y passer. Et si améliorer l'intrigue signifie éjecter le Maître des Prisons ou l'Ambassadeur Ahwel ya Houndel ya śi-Varoumi eś Gwar, ou Malia - et par la même occasion récrire tout ce que j'ai déjà écrit, ma foi, je m'y résignerai... (J'espère tout de même pouvoir y arriver sans ça).

Bref, ya du remue-méninges en perspective. Bah, ça entretient le cerveau.

Ce qui me fait pener à quelque chose. Dans les forums d'écrivains amateurs je vois souvent mes condisciples se plaindre du manque d'inspiration, mais jamais je ne crois avoir rencontré quelqu'un qui rame autant que moi pour trouver, tout bonnement, ce qui va se passer. L'intrigue, les péripéties, comment ils vont sortir de cette prison, à quoi va aboutir la tentative de révolution, comment va finir le grand méchant de service. J'en viens à penser que j'aurais moins d'imagination que la moyenne des gens - et dans ce cas, est-ce bien judicieux de continuer à essayer d'écrire ? Ne ferais-je pas mieux de m'en tenir au dessin et aux révisions, plutôt que de me ramoner la cervelle à tenter de mettre sur pied des intrigues qui resteront toujours bancales ?

Ce n'est pas tout d'avoir envie de raconter une histoire, encore faut-il en être capable et je me demande de plus en plus si c'est mon cas...
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Mercredi 15 novembre 2006
Je ne vais pas mentir - j'attendais ça depuis deux mois...

Le numéro sept de Solstice, la revue des éditions Cinquième Saison, vient de sortir, et comme s'en souviennent peut-être quelques-uns, je suis au sommaire (sous le nom d'Anne-Laure Daviet, qui est mon vrai nom, ou à certains endroits Anne-Laure Davier, qui est presque mon vrai nom, mais je n'en veux pas aux rédactrices parce que tout le monde se trompe, même sur ma boîte aux lettres j'ai dû corriger l'erreur).

On trouve également au sommaire deux autres nouvelles prenantes, des illustrations magnifiques (attendez de voir celle que Magali Villeneuve a offerte à mon histoire... j'étais béate en la recevant), des articles fort intéressants sur divers sujets... Bref, je vous encourage vivement à télécharger cette revue en cliquant sur la couverture ci-dessous :


Je rappelle par ailleurs que le 18 novembre, pendant que je m'arracherai les cheveux sur la première dissertation de l'année, les éditions Cinquième Saison publieront leur deuxième roman, également deuxième tome de la trilogie de M.H. Essling, le Sablier de Mû, dont il paraît que le premier volume vaut le détour (à ma grande honte je ne l'ai pas encore lu). Ce pourrait être une occasion de découvrir cet auteur et cette maison...
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Vendredi 10 novembre 2006
Mine de rien, cela fait six mois (et deux jours) que j'ai clôturé le blog de Chloé Zinalla. Six mois que je n'ai rien écrit, allilallilalorataminazillaminoumimininalalilallo ! 

- A part mon histoire de jungle évidemment ; mais je vous assure que ce n'est pas la même chose que d'écrire en gardant toujours un oeil sur le compteur de caractères, sans pouvoir se laisser emporter par l'histoire, sans pouvoir s'investir à cent pour cent dans le monde qui emplit votre esprit... Voilà ce qui me manque : c'est d'avoir l'esprit empli d'une histoire. En ce moment, il est empli de révisions, de citations à apprendre, de stress, d'angoisses, de kilos à perdre, de diverses histoires personnelles un peu compliquées - rien de bien passionnant en somme. J'ai un peu l'impression d'avancer en somnambule dans la vie, ce qui n'est pas nouveau, mais au moins avant je me la jouais somnambule qui fait des rêves intéressants.

Je passais des heures à peindre dans mon esprit les décors de mes scènes, à imaginer jusqu'à la moindre expression des acteurs. J'inventais des dizaines et des centaines de motivations et d'arrière-plans qui ne paraîtraient jamais nulle part dans l'histoire, mais qui faisaient vivre mes personnages presque autant que moi. Je dessinais toutes les scènes qui me paraissaient vaguement dessinogéniques ; comme mes feuilles de croquis ont toujours tendance à finir à la corbeille au bout d'un jour ou deux, je les dessinais même cinq et dix fois !
Tous les soirs, avant de m'endormir, je réfléchissais à ce que j'allais écrire, le lendemain ou dans dix ans ; je notais des répliques sur les coins de mes feuilles pendant les cours ; et surtout j'ECRIVAIS bon sang !
Les heures que je passais à martyriser ce malheureux clavier, qui maintenant ne me sert plus qu'à faire état de mes états d'âme sur un blog comme n'importe quelle narcissique de base...

En 2004, pour des raisons qui m'appartiennent, j'ai décidé de faire Carême : quarante jours sans écrire ni dessiner. Ce furent les quarante jours les plus stressants de ma carrière, même si le fait que c'étaient aussi les quarante derniers jours avant les écrits du concours de l'ENS y fut sans doute pour quelque chose. Dans tous les cas l'état de manque y était.
Et là, je viens de passer six mois sans ajouter une ligne à mes histoires...

Le pire, c'est que je ne sais même plus si je serais encore capable d'écrire comme avant, avant de connaître Internet et ses milliers d'autres apprentis-écrivains avec les mêmes angoisses et les mêmes interrogations que moi, avant de connaître le niveau de la concurrence et de découvrir que je n'étais qu'un petit poisson dans le banc. Quand je me croyais unique.

Je me demande à quoi ça va ressembler quand je vais en avoir fini avec cette horrible année (ou ces deux horribles années, en cas de malheur) d'agrégation et que je vais me retrouver face à face avec une histoire en rade depuis tout ce temps.
Mais quand même, ça me manque sacrément...
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