Lundi 4 juin 2007
Au lieu de me pencher sur le mythe final du Phédon, je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de passer l'après-midi sur la version roman du blog de Chloé Zinalla (la Fille du Voyageur, vous pensez quoi de ce titre ? On m'a dit que c'était mauvais parce que ça ne révélait rien sur la fille en question ; en fait si, j'estime que la façon dont Chloé se définit par rapport à son père et aux voyages est très importante pour son évolution, mais c'est sûr que ça ne se voit pas dans le titre). Comme je l'ai peut-être déjà dit, je retravaille le texte pour en faire un vrai roman ; et je m'amuse beaucoup.

J'adore me remettre dans la peau de Chloé ! Après les sept mois non stop, ou presque, passés à raconter ses aventures, sa voix de narratrice me va encore comme un gant, ses mots me viennent naturellement sous les doigts. Chloé dit ce qu'elle pense et ce qui lui passe par la tête, elle ne se prive jamais de faire des commentaires même - et surtout - s'ils sont parfaitement débiles, elle se paie gentiment la figure de tous les personnages qu'elle rencontre ; comme elle est blasée autant par la civilisation terrienne que par la limmaraíenne, elle ne se prive pas pour critiquer allègrement l'une et l'autre. Seb, c'est le contraire : il s'enthousiasme pour tout ce qu'il voit, c'est aussi drôle mais dans un autre style. Comme j'aimerais pouvoir faire de leur histoire un vrai livre agréable à lire, drôle mais aussi prenant !

Et donc, j'y travaille.

La première chose que j'ai faite, ç'a été de supprimer toutes les illustrations du corps du texte ; j'aimerais soumettre la chose à un éditeur, et je ne me fais pas d'illusion sur les possibilités de garder des images au milieu du texte. Je vais tout de même redessiner un petit "album photos du roman" en dossier isolé, on ne sait jamais. Enfin, en attendant, cela implique un certain retravail du texte, la suppression de certains passages qui n'existaient que pour justifier les dessins, mais aussi l'ajout de descriptions, puisque je ne peux plus me contenter de dire "pour savoir à quoi untel ressemble, voyez sa photo ci-contre". Pour le moment, je me borne à des modifications légères, un exemple de ce que j'ai fait aujourd'hui :

Avant :
 
Le prince Karel a bien répondu à mon invitation.

« Alors ! ont été mes premiers mots quand il a débarqué, élégantissime et l’air toujours aussi prétentieux, dans mes appartements. Depuis quand on envoie sa sœur jouer les réfugiés politiques chez moi ?

 

Après :

 

Le prince Karel a bien répondu à mon invitation. Lui aussi, il devait s’attendre à ce qu’il y ait du rencard là-dessous ; à moins que tenue élégantissime et manières archiprétentieuses ne soient naturelles chez lui. Pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer qu’il scrutait mon salon d’un œil méfiant derrière ses mèches noires de beau ténébreux.
« Alors ! je l’ai interpellé sans attendre. Depuis quand on envoie sa sœur jouer les réfugiés politiques chez moi ?

 

Je m'attache aussi à rendre plus clairs motivations et sentiments qui, bien que je les aie toujours nettement en tête, avaient tendance à passer à la trappe dans le feu de la rédaction ; mais sans trop alourdir le texte, car si la narration de Chloé a une qualité c'est certainement sa vivacité. Je sais surtout qu'il faut que je rende plus concrète et cohérente la figure de Guilamo Zinalla, le père de Chloé ; mais vu l'Arlésienne que c'est ce personnage, ça ne s'annonce pas facile. Peut-être, si j'insérais par-ci par-là des paragraphes explicatifs présentés comme ses notes ? Mais cela romprait avec l'idée de départ, à savoir, que le récit soit seulement une transcription du blog...

Et puis il faut que je remanie les détails de l'intrigue centrale, celle qui tourne autour du fameux Connecteur, LA machine que tout le monde court après mais que personne ne sait pourquoi ; le but étant de restituer une progression plus cohérente qui me permette d'arriver à une fin plus satisfaisante ; je n'ai jamais aimé l'actuelle.

Bref, ya du boulot ! Mais peut-être moins que je ne le craignais. J'ai revu aujourd'hui presque toute la première partie (les 70 premiers chapitres), et je n'ai pas modifié autant de choses que je ne le pensais : en effet, les passages de Révélations Capitales ne sont pas très nombreux et assez concentrés, le reste du temps je me contente de balader mes personnages de mystère en mystère sans qu'ils n'y comprennent rien (et pour cause, je ne comprenais pas tout moi-même). Ainsi la structure du récit, sa division en chapitres ne devraient guère changer.

J'avoue que, aussi bizarre que ça puisse paraître, j'y crois assez, à ce roman ! Je lui trouve plein de qualités, le fait que ce soit le seul que j'aie réussi à terminer n'étant pas la moindre. Si râteau il doit y avoir, j'aimerais autant que ça ne soit pas lui - mais citons la conclusion de Chloé elle-même :

Quoi ! Si on ne peut plus rêver ici...
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publié dans : Les remue-méninges d'Athanasis communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
Mercredi 24 janvier 2007
Sans doute l'article à apparitions multiples qui ressortira le moins souvent : celui où j'annonce mes progrès dans l'écriture de mon Oeuvre...

24 janvier : En plein cours sur l'Adolescence clémentine de Marot, une idée fulgurante pour refaire pour la quatre-vingt-quatorzième fois l'incipit de Carami... Puisque je n'arrive à rien qui me plaise en restant du point de vue des rebelles, je passe du point de vue de la Loi. Après tout, il faut bien donner à voir tous les points de vue. Ca impose de mettre au point un nouveau personnage, qui remplira un trou qui me gênait depuis longtemps dans le casting - il faut encore que je lui trouve un nom, à elle et à ses enfants, et je serais prête à repartir comme en quarante...
Je ne sais pas quand, évidemment - pas ce soir en tout cas, j'ai un exposé de grammaire à préparer sur le mot "que" dans les pages 128 à 134 du Malade imaginaire. Mais je ne désespère pas !


Enfin, 21 octobre au soir, enfin terminé la révision du chapitre 2 de la première partie de Carami. Mes personnages sont enfin sortis de leur prison, et ce, sans même l'aide des x plans et schémas que j'avais dessinés un peu partout au cours des dernières semaines. En effet, j'ai tout de même fini par m'aviser que la précision géographique n'était pas forcément une bonne idée s'il fallait que le Lecteur ait lui aussi le plan sous les yeux pour savoir où on en était. J'ai donc un brin simplifié.
L'un dans l'autre, je suis assez contente : on passe beaucoup moins par les fenêtres que dans la première version, et j'en ai profité pour ajouter quelques notations concernant l'état psychologique de mes deux z'héros et leurs relations ; en effet, depuis que j'avais condamné le prologue à mort pour inintérêt flagrant, les choses étaient un peu dans le vague de ce point de vue-là. A présent j'espère qu'on s'y retrouvera mieux.

A présent, donc, je passe à la révision du chapitre 3, qui présente un autre genre de difficulté : il s'agit ni plus ni moins que de remotiver toute la Première Partie. En effet, c'est bien joli de dire qu'untel se lance dans une quête pour sauver le royaume ; si vous connaissiez le Untel en question, vous sauriez que c'est un tel bazar dans sa tête qu'il faut beaucoup plus qu'une vague volonté de se rendre utile pour le lancer dans ce genre de chose, surtout dans la situation désespérée qui est la sienne au début du chapitre, et d'ailleurs les héros héroïques ne m'enthousiasment qu'à moitié. Cependant il faut tout de même qu'il y aille, sinon adieu l'histoire. Il va donc falloir une petite dose de réflexion avant de reprendre le clavier.

Indispensable ou pas, on ne peut nier que les révisions ne sont pas ce qu'il y a de plus passionnant dans l'écriture d'une histoire. Vivement que je puisse me remettre à inventer des choses.
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Samedi 9 décembre 2006
Depuis quelques jours, mon crayon semble revenu des portraits de Disquemondiens à de nouvelles esquisses concernant Carami. Ne nous réjouissons pas trop vite, cela ne signifie pas que je vais me remettre à écrire ; mais peut-être pourrai-je au moins revenir à une ambiance propice.

Déjà, je me rends compte que je ne pourrai pas continuer cette histoire sans en mettre d'abord au point les motivations, qui se sont pas mal perdues dans le flou pendant que je me consacrais aux Aventures Extraordinaires de Chloé Zinalla, puis à mon mémoire, puis à mon agrègue (toujours à l'ordre du jour, mais on a tout le même le droit de faire autre chose non ?).

Tout compte fait, je garde la division en trois parties, elle me convient bien. Chaque partie a un personnage central et un cercle différent d'ambiances, de points de vue, de rythmes et de motivations ; mais je garde Noran en fil directeur, parce que, parce que, parce que, euh, parce que voilà. Je fais ce que je veux d'abord. Mais dans tous les cas il faut maintenant que je me concentre à fond sur la deuxième partie ; et que je définisse une bonne fois pour toutes ce qui est censé s'y passer. Et si améliorer l'intrigue signifie éjecter le Maître des Prisons ou l'Ambassadeur Ahwel ya Houndel ya śi-Varoumi eś Gwar, ou Malia - et par la même occasion récrire tout ce que j'ai déjà écrit, ma foi, je m'y résignerai... (J'espère tout de même pouvoir y arriver sans ça).

Bref, ya du remue-méninges en perspective. Bah, ça entretient le cerveau.

Ce qui me fait pener à quelque chose. Dans les forums d'écrivains amateurs je vois souvent mes condisciples se plaindre du manque d'inspiration, mais jamais je ne crois avoir rencontré quelqu'un qui rame autant que moi pour trouver, tout bonnement, ce qui va se passer. L'intrigue, les péripéties, comment ils vont sortir de cette prison, à quoi va aboutir la tentative de révolution, comment va finir le grand méchant de service. J'en viens à penser que j'aurais moins d'imagination que la moyenne des gens - et dans ce cas, est-ce bien judicieux de continuer à essayer d'écrire ? Ne ferais-je pas mieux de m'en tenir au dessin et aux révisions, plutôt que de me ramoner la cervelle à tenter de mettre sur pied des intrigues qui resteront toujours bancales ?

Ce n'est pas tout d'avoir envie de raconter une histoire, encore faut-il en être capable et je me demande de plus en plus si c'est mon cas...
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