Dimanche 5 août 2007
Fidèle à mon habitude de ne parler des projets en cours que quand ils sont à deux doigts de ne plus l'être, je n'avais encore rien dit sur LE grand projet de cet  été, autant pour le volume de travail qu'il va nécessiter que pour l'enthousiasme qui m'habite quand j'y songe. Et pour épicer encore un peu la sauce, ce sera mon premier projet en collaboration. Je suis dessinatrice, et Gaëlle K. Kempeneers, alias Kashiira, dont ceux qui fréquentent la nébuleuse OutreMonde ont pu apprécier l'univers poétique et la plume enchanteresse, est au scénario. 


Car c'est bien de BD qu'il s'agira, une série  portant le titre de Chroniques d'OutreMonde et dont j'ai reçu, aujourd'hui, la première page de scénario !
 Voici le sujet d'après Kashiira elle-même :


Anilori est une cartographe gaffeuse et idéaliste. Kashiira, elle, est une sauvageonne égoïste et aventureuse. Lorsque la première quitte son désert pour se perdre dans la jungle de la seconde, la rencontre est inévitable. Et, si en plus, elles se perdent en chemin, les aventures ne risquent pas de se faire attendre ! Les voilà obligées de parcourir les univers d’OutreMonde dans l’espoir de rentrer un jour chez elles. Et avec elle, Murphy n’est jamais bien loin.


Oui, vous avez deviné, les personnages de cette fresque qui s'annonce épique porteront tous le nom de membres du  forum d'OutreMonde, et nous héritons des rôles vedette ! Amusant retour aux sources pour mon pseudo Anilori, qui était, avant que je ne me l'approprie, celui d'un personnage de BD que j'avais créé... (Même si en fait, c'est tout une histoire et qu'il ne faut pas être bien sorcier pour deviner que c'est déjà à la base une déformation de mon prénom. Enfin, passons, ce n'est pas le sujet. )


Comme je l'ai dit, j'ai reçu seulement cet après-midi la première page de scénario, et je ne commencerai donc pas à travailler dessus avant d'être passée chez Decitre (demain si tout va bien) refaire mon stock de papier à dessin. Mais j'ai déjà eu le temps de mettre au point les personnages principaux, que je vous présente :

outremonde-personnages.jpg
De gauche à droite, Kashiira, Anilori, et Murphy qui, lui, n'emprunte pas son nom à un membre du forum mais à la célèbre loi. Cette mignonne créature, qui est le génie tutélaire de cette aventure, est en effet le dieu des catastrophes... Ce qui en dit long sur le chemin qui s'étend devant nos deux héroïnes.

Moi, en tout cas, j'ai toute confiance !
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Lundi 4 juin 2007
Au lieu de me pencher sur le mythe final du Phédon, je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de passer l'après-midi sur la version roman du blog de Chloé Zinalla (la Fille du Voyageur, vous pensez quoi de ce titre ? On m'a dit que c'était mauvais parce que ça ne révélait rien sur la fille en question ; en fait si, j'estime que la façon dont Chloé se définit par rapport à son père et aux voyages est très importante pour son évolution, mais c'est sûr que ça ne se voit pas dans le titre). Comme je l'ai peut-être déjà dit, je retravaille le texte pour en faire un vrai roman ; et je m'amuse beaucoup.

J'adore me remettre dans la peau de Chloé ! Après les sept mois non stop, ou presque, passés à raconter ses aventures, sa voix de narratrice me va encore comme un gant, ses mots me viennent naturellement sous les doigts. Chloé dit ce qu'elle pense et ce qui lui passe par la tête, elle ne se prive jamais de faire des commentaires même - et surtout - s'ils sont parfaitement débiles, elle se paie gentiment la figure de tous les personnages qu'elle rencontre ; comme elle est blasée autant par la civilisation terrienne que par la limmaraíenne, elle ne se prive pas pour critiquer allègrement l'une et l'autre. Seb, c'est le contraire : il s'enthousiasme pour tout ce qu'il voit, c'est aussi drôle mais dans un autre style. Comme j'aimerais pouvoir faire de leur histoire un vrai livre agréable à lire, drôle mais aussi prenant !

Et donc, j'y travaille.

La première chose que j'ai faite, ç'a été de supprimer toutes les illustrations du corps du texte ; j'aimerais soumettre la chose à un éditeur, et je ne me fais pas d'illusion sur les possibilités de garder des images au milieu du texte. Je vais tout de même redessiner un petit "album photos du roman" en dossier isolé, on ne sait jamais. Enfin, en attendant, cela implique un certain retravail du texte, la suppression de certains passages qui n'existaient que pour justifier les dessins, mais aussi l'ajout de descriptions, puisque je ne peux plus me contenter de dire "pour savoir à quoi untel ressemble, voyez sa photo ci-contre". Pour le moment, je me borne à des modifications légères, un exemple de ce que j'ai fait aujourd'hui :

Avant :
 
Le prince Karel a bien répondu à mon invitation.

« Alors ! ont été mes premiers mots quand il a débarqué, élégantissime et l’air toujours aussi prétentieux, dans mes appartements. Depuis quand on envoie sa sœur jouer les réfugiés politiques chez moi ?

 

Après :

 

Le prince Karel a bien répondu à mon invitation. Lui aussi, il devait s’attendre à ce qu’il y ait du rencard là-dessous ; à moins que tenue élégantissime et manières archiprétentieuses ne soient naturelles chez lui. Pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer qu’il scrutait mon salon d’un œil méfiant derrière ses mèches noires de beau ténébreux.
« Alors ! je l’ai interpellé sans attendre. Depuis quand on envoie sa sœur jouer les réfugiés politiques chez moi ?

 

Je m'attache aussi à rendre plus clairs motivations et sentiments qui, bien que je les aie toujours nettement en tête, avaient tendance à passer à la trappe dans le feu de la rédaction ; mais sans trop alourdir le texte, car si la narration de Chloé a une qualité c'est certainement sa vivacité. Je sais surtout qu'il faut que je rende plus concrète et cohérente la figure de Guilamo Zinalla, le père de Chloé ; mais vu l'Arlésienne que c'est ce personnage, ça ne s'annonce pas facile. Peut-être, si j'insérais par-ci par-là des paragraphes explicatifs présentés comme ses notes ? Mais cela romprait avec l'idée de départ, à savoir, que le récit soit seulement une transcription du blog...

Et puis il faut que je remanie les détails de l'intrigue centrale, celle qui tourne autour du fameux Connecteur, LA machine que tout le monde court après mais que personne ne sait pourquoi ; le but étant de restituer une progression plus cohérente qui me permette d'arriver à une fin plus satisfaisante ; je n'ai jamais aimé l'actuelle.

Bref, ya du boulot ! Mais peut-être moins que je ne le craignais. J'ai revu aujourd'hui presque toute la première partie (les 70 premiers chapitres), et je n'ai pas modifié autant de choses que je ne le pensais : en effet, les passages de Révélations Capitales ne sont pas très nombreux et assez concentrés, le reste du temps je me contente de balader mes personnages de mystère en mystère sans qu'ils n'y comprennent rien (et pour cause, je ne comprenais pas tout moi-même). Ainsi la structure du récit, sa division en chapitres ne devraient guère changer.

J'avoue que, aussi bizarre que ça puisse paraître, j'y crois assez, à ce roman ! Je lui trouve plein de qualités, le fait que ce soit le seul que j'aie réussi à terminer n'étant pas la moindre. Si râteau il doit y avoir, j'aimerais autant que ça ne soit pas lui - mais citons la conclusion de Chloé elle-même :

Quoi ! Si on ne peut plus rêver ici...
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Mercredi 24 janvier 2007
Sans doute l'article à apparitions multiples qui ressortira le moins souvent : celui où j'annonce mes progrès dans l'écriture de mon Oeuvre...

24 janvier : En plein cours sur l'Adolescence clémentine de Marot, une idée fulgurante pour refaire pour la quatre-vingt-quatorzième fois l'incipit de Carami... Puisque je n'arrive à rien qui me plaise en restant du point de vue des rebelles, je passe du point de vue de la Loi. Après tout, il faut bien donner à voir tous les points de vue. Ca impose de mettre au point un nouveau personnage, qui remplira un trou qui me gênait depuis longtemps dans le casting - il faut encore que je lui trouve un nom, à elle et à ses enfants, et je serais prête à repartir comme en quarante...
Je ne sais pas quand, évidemment - pas ce soir en tout cas, j'ai un exposé de grammaire à préparer sur le mot "que" dans les pages 128 à 134 du Malade imaginaire. Mais je ne désespère pas !


Enfin, 21 octobre au soir, enfin terminé la révision du chapitre 2 de la première partie de Carami. Mes personnages sont enfin sortis de leur prison, et ce, sans même l'aide des x plans et schémas que j'avais dessinés un peu partout au cours des dernières semaines. En effet, j'ai tout de même fini par m'aviser que la précision géographique n'était pas forcément une bonne idée s'il fallait que le Lecteur ait lui aussi le plan sous les yeux pour savoir où on en était. J'ai donc un brin simplifié.
L'un dans l'autre, je suis assez contente : on passe beaucoup moins par les fenêtres que dans la première version, et j'en ai profité pour ajouter quelques notations concernant l'état psychologique de mes deux z'héros et leurs relations ; en effet, depuis que j'avais condamné le prologue à mort pour inintérêt flagrant, les choses étaient un peu dans le vague de ce point de vue-là. A présent j'espère qu'on s'y retrouvera mieux.

A présent, donc, je passe à la révision du chapitre 3, qui présente un autre genre de difficulté : il s'agit ni plus ni moins que de remotiver toute la Première Partie. En effet, c'est bien joli de dire qu'untel se lance dans une quête pour sauver le royaume ; si vous connaissiez le Untel en question, vous sauriez que c'est un tel bazar dans sa tête qu'il faut beaucoup plus qu'une vague volonté de se rendre utile pour le lancer dans ce genre de chose, surtout dans la situation désespérée qui est la sienne au début du chapitre, et d'ailleurs les héros héroïques ne m'enthousiasment qu'à moitié. Cependant il faut tout de même qu'il y aille, sinon adieu l'histoire. Il va donc falloir une petite dose de réflexion avant de reprendre le clavier.

Indispensable ou pas, on ne peut nier que les révisions ne sont pas ce qu'il y a de plus passionnant dans l'écriture d'une histoire. Vivement que je puisse me remettre à inventer des choses.
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publié dans : Les remue-méninges d'Athanasis
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