Jeudi 17 août 2006 4 17 /08 /2006 18:26
Hélas ! Ayant trop mal à la tête pour travailler aujourd'hui, je me retrouve déjà à rompre ma promesse d'il y a quelques jours et à recommencer de me torturer la cervelle sur Carami. J'ai écrit un nouveau nouvel incipit, dont le pire est que je suis assez contente (je garde l'ancien nouveau, en le changeant seulement de place ; il n'y a que l'ancien ancien qui passe définitivement à la trappe) ; et je crois que je viens de débloquer un point qui me causait souci depuis un bon moment.


Carlino, le tyran de Mazya-Caramina, est une âme solitaire ; je ne peux lui imaginer ni amis ni véritables amours, et c'est en solitaire que je le concevais depuis le début. Cependant, je me suis avisée il y a quelque temps qu'un roi se souciant de la pérennité de son royaume, et donc de celle de sa lignée, ne pouvait pas rester célibataire comme le premier pékin venu. Il lui fallait une femme. Mais quelle sorte de femme imaginer à un Carlino ?

Aujourd'hui, je pense être arrivée à un bon accomplissement avec la seigneuresse Catianni Zinna (j'ai récupéré le nom d'un personnage épisodique finalement supprimé).

Quand il s'avisa qu'il lui faudrait, tôt ou tard, procréer un héritier, Carlino chercha longuement parmi les femmes de la noblesse caramène laquelle serait la plus appropriée pour cette tâche. Il porta finalement son choix sur la seigneuresse Catianni, car ce mariage lui permettrait également de s'approprier les chantiers navals de Minninaí et surtout les forêts environnantes, ce qui, dans un pays où le bois est une denrée rare, n'était pas une mince affaire.

On régla donc les fiançailles et Catianni, ravie de l'aubaine, abandonna son fief pour venir s'installer au palais royal, prête à profiter de toutes les opportunités offertes à la Reine pour s'assurer le plus d'influence possible. Cependant, elle fut déçue. Carlino n'avait jamais eu aucune intention de partager son pouvoir, ni même de faire le moindre favoritisme, fût-ce en faveur de sa propre femme. Pour lui, Catianni était là pour lui faire un héritier et c'était tout. Et quand, au bout de cinq ans de mariage (Carlino ayant été élevé parmi les Ondins, qui se reproduisent comme les poissons sans contact physique, il lui avait peut-être fallu plus de temps qu'à la moyenne des hommes pour saisir le concept), naquit un petit prince Flémo*, la seigneuresse Catianni fut gentiment priée de faire ses bagages et de rentrer dans son fief, car on n'avait plus besoin d'elle.

Furieuse, elle s'exécuta, mais son gouvernement sur ses terres prit à partir de ce moment une tournure nouvelle. Quand elle était partie pour Selmina, Catianni avait toutes sortes de projets pour Mazya-Caramina et, faute d'avoir pu les mettre en oeuvre là-bas, elle était décidée à se rattraper avec son fief. Lequel devint donc en peu de temps une terre à part du reste du royaume, et dans ses forêts s'appliquaient des lois étranges et innovantes sous la férule autoritaire de la seigneuresse Catianni, cloîtrée dans son manoir d'où elle ne sortait quasiment plus jamais. Comme la région était relativement isolée, elle y faisait plus ou moins ce qu'elle voulait. C'est à cette époque qu'on vint à parler, ailleurs en Carami, des "gens du Sud" comme d'énergumènes bizarres et tous plus ou moins incompréhensibles.

C'est dans ce cadre que se prépara une carte qui devait être capitale dans le jeu qui devait mener au renversement de Carlino. Quelques années avant d'être demandée en mariage par le Roi, la seigneuresse Catianni avait eu une liaison avec l'intendant de ses jardins, un esclave ; et il en était né une petite métisse, autrement dit, une monstruosité. A peine accouchée, Catianni avait refourgué l'enfant à son père, s'était arrangée financièrement pour qu'elle bénéficie quand même de la meilleure éducation possible et avait étouffé l'affaire. Et la petite fille, nommée Malia, grandit en ignorant qu'elle était la demi-soeur du prince héritier du royaume.

Quand Catianni revint dans son fief après avoir été plus ou moins répudiée et qu'elle commença à faire de sa terre un royaume à l'intérieur du royaume, des opportunités insoupçonnées s'offrirent à la jeune Malia, qui y bénéficia de possibilités qui auraient été impensables ailleurs pour une enfant métisse. Elle eut une enfance et une adolescence riches, fut choyée par son père et ses précepteurs que la seigneuresse Catianni avait couverts libéralement d'or en échange de leur silence, et prit l'habitude de faire et d'avoir tout ce qu'elle voulait.

Adulte, attirée par l'aventure et l'exotisme et décidée à ce que le monde entier la connaisse et l'admire, elle décida de tout plaquer et de monter à Selmina, la capitale. Et, à défaut du monde entier, tout ce qui comptait de personnalités dans la ville la connut et l'admira. Elle était d'une beauté radieuse, son métissage, qui aurait été inacceptable ailleurs, passait très bien pour une "fille du Sud", par définition exotique et différente du commun des Caramènes. Elle se fit appeler Malia l'Océane, elle rendit heureux successivement un certain nombre de notables selminans, et vécut plusieurs année dans la plus parfaite insouciance.

En 80.V, le prince héritier Flémo était mort dans un des premiers grands attentats (bientôt, on ne les compterait plus), alors qu'il officiait à la place de son père. Quand elle l'avait appris, la seigneuresse Catianni avait aussitôt envisagé les considérables possibilités que cela offrait. La loi des héritages voulait que les biens d'une personne morte sans enfants reviennent à ses frères et soeurs. En étirant un peu la loi, cela signifiait que le titre d'héritier de la couronne revenait à présent à Malia...

Mais Malia avait depuis longtemps disparu de la vie de sa mère, et celle-ci, ignorant que sa fille menait la grande vie à Selmina, décida de renoncer. Cependant le plan vint, d'une façon ou d'une autre, aux oreilles des espions du roi qui, inquiets, se mirent sur les traces de la jeune femme et finirent par la retrouver. Et la mettre à l'ombre.

Au moment où elle arrive dans notre histoire, Malia croupit depuis deux ans au terrible bagne des pompes à eau, en butte aux moqueries des autres prisonnières ravies de voir une "mondaine" s'échouer dans leur enfer. Mais un tour de hasard va remettre la carte en jeu...

Quant au roi Carlino, son héritier mort, il reste seul et plus solitaire que jamais. On le presse de reprendre femme ; mais techniquement, cela pose problème car il est toujours marié à Catianni (qui, n'étant plus en âge d'avoir des enfants, ne peut plus servir à grand-chose à part lui mettre des bâtons dans les roues). Il pourrait se débarrasser d'elle plus définitivement. Mais pour une raison ou pour une autre, il s'y refuse et ignore les remarques de ses courtisans sur sa non-immortalité...

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*Flémo, en caramène, signifie "qui va loin" ou "qui ira loin". C'est à la fois un nom de bon augure pour un futur roi et, surtout, un hommage de Carlino à sa propre mère, la reine Flama ("celle qui vient de loin"). Avenir dans la continuité.
Le prince Flémo, peu avant sa mort
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Publié dans : Carami
Lundi 14 août 2006 1 14 /08 /2006 15:57
Comme promis, je vous emmène au plus profond des archives de la Montagne, visiter les quelques trésors perdus et surtout le tas de vieilleries cassées qui peuplent leurs étagères poussiéreuses - et nous allons partir de très, très loin.

La Grande Remise à Zéro du Disque Dur de 2003 ayant effacé toute trace informatique de mes romans d'avant 1999, et moi-même étant trop flemmarde pour retaper leurs versions imprimées (qui s'entassent, dans un désordre monstre, au fond d'un des meubles de ma chambre), nous allons donc commencer par la BD. De la sixième à la terminale, en effet, je me suis considérée autant comme une Dessinatrice de BD que comme un Ecrivain, et des dizaines et des dizaines de planches réalisées sur papier imprimante au Rotring et crayon de couleur sont encore là pour en témoigner.

De la cinquième à la troisième à peu près, c'est Lily qui a mobilisé l'essentiel de mes efforts dans ce domaine. Je vous copie le petit chapeau qui venait en introduction de chaque tome :
Aéria, la villa aérienne, demeure sur son nuage au-dessus d'un verdoyant monde de forêts et de plaines, quelque part sur la Terre. Le bon roi Diamant règne sur cette ville paradisiaque.
Elle ne possède pas d'agriculture ni d'industrie, et les Aériens vivent des produits de la terre en-dessous Deux jeunes "ravitailleurs" prénommés Lily et Alain ont pour métier d'amener ces produits dans la ville.
En vérité, Lily et Alain ne passaient pas tellement plus de temps à ravitailler queTintin à écrire des articles pour son journal ; ils avaient bien assez à faire avec toutes les aventures loufoques qui leur tombaient dessus, aussi bien dans le cadre de leur mission qu'à côté.

Ces aventures ont donné lieu à trois albums, attention, de vrais albums, hein, 48 pages et tout : Ca barde pour les bardes, Aventure spatiale et (incontestablement le meilleur des trois) La Course. Un quatrième, Le Zbrrrr, avait atteint sa page 12 quand j'ai fini par me lasser de cet univers.
C'était pourtant un univers mignon comme tout, plein de magie et on ne peut plus décomplexé du point de vue loufoquerie. Les principaux personnages en étaient :

 Lily, l'héroïne, jeune fille intrépide au caractère vif, aimant l'aventure jusqu'au moment où elle tourne mal ;
 Alain, son collègue, mais surtout son (chaste) petit ami ; est là essentiellement pour recevoir toute la poisse qui tombe. Râleur et pessimiste invétéré.
 Mélo di Mandoli, réincarnation d'Assurancetourix, néanmoins meilleur ami d'Alain sauf quand il s'agit de musique ; possède surtout un don incroyable pour se mettre dans le pétrin ;

 Gertrude, qui se donne le titre de sorcière bien qu'elle ait raté tous ses examens, propriétaire d'un turbo-balai qu'elle conduit comme une folle furieuse sans aucun souci des limitations de vitesse et des régulations d'atterrissage ;

 Lily E (pour écureuil), bestiole de service, ne quitte jamais la sacoche de Lily d'où elle passe la tête pour faire des remarques plus ou moins fines ;
 Le "bon" roi Diamant, souverain sévère mais juste, et parfois juste sévère, avec surtout un caractère de cochon ;

 Et puis, les méchants de service, plus bêtes que méchants à vrai dire mais toujours là au bon moment pour faire partir une aventure en vrille : Trucidor, malfaiteur et brute épaisse, cupide mais pas franchement malin ;

 Son épouse et associée, Cruella, nettement plus distinguée (ils se vouvoient);


Et enfin, la star de la série, Sacha (j'ai ensuite recyclé le nom pour le donner à un personnage d'une autre histoire et, tout récemment, à mon chat), le Rantanplan de ces Dalton, monstre de son état ; bien qu'il ressemble au croisement d'une vache, d'un zèbre et d'un dinosaure à pois roses, Sacha a un bon fond, il est fidèle et affectueux et surtout bête comme ses pieds. Trucidor et Cruella le traînent sans cesse avec eux en espérant que ce terrible monstre leur sera utile, mais la vérité, c'est que Sacha ne sert à rien et qu'il y est très doué.

Voilà ! Pour voir une planche de Ca barde pour les bardes, cliquez ici
                                                           Aventure Spatiale, cliquez ici
                                                           La Course, cliquez ici
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Publié dans : Les autres histoires
Samedi 12 août 2006 6 12 /08 /2006 12:55
De ma fenêtre à la Montagne ronde je découvre un paysage inconnu : une longue plaine vide... Je n'ai plus rien à écrire !

Disons qu'évidemment j'ai des tonnes de choses à écrire, comme d'habitude, mais que je ne le ferai pas, du moins pas avant d'avoir une fois pour toutes expédié ce mémoire ; après... Je n'ose pas même envisager l'espoir d'avoir le temps d'écrire une fois engagée dans le long tunnel de l'année d'agrégation. Je sais à quoi ressemble un agrégatif : c'est invisible, et quand ça refait surface une fois de temps en temps c'est hâve, pâle et les yeux cernés jusqu'aux oreilles ; ça se coupe de toute vie sociale (bon, ce n'est pas de ce côté-là qu'il devrait y avoir le plus de changements, d'accord), ça fait plier ses colocataires sous la loi d'un couvre-feu implacable.

Cependant, je ne peux m'empêcher de rester optimiste. Tout professeur, même le plus captivant, ne peut prononcer cent pour cent de paroles à noter. Il y a toujours un quota de répétitions, de raclements de gorge, de digressions, d'autocommentaire et (dans le cas d'un que je ne nommerai pas) de racontage de vie, je ne peux pas m'imaginer qu'il ait la cruauté de priver ses agrégatifs de cette trop rare distraction. Tous ces moments où l'on n'est pas en train de gratter frénétiquement sont bons à prendre pour un croquis, une ébauche d'idée, une phrase notée précieusement. Carpe minutum.

Je n'ose pas trop compter sur des couchers tardifs, j'ai besoin de beaucoup de sommeil pour être opérationnelle, et je ne pourrai pas me permettre de ne pas être opérationnelle. Je n'ose pas compter sur les week-ends, mais peut-être les vacances offriront-elles quelque maigre opportunité ?
[Argh - je relis cette phrase et je me rends compte qu'elle contient déjà deux répétitions. La répétition est mon nouvel ennemi intime, d'autant plus insidieux que je suis naturellement portée à le trouver sympathique, le fourbe. Ce n'est pas pour rien que Syven appelle ça des "darlings".

...Euh, sans rire, elle est si moche que ça cette phrase ?]

Bref, je juge préférable pour le moment de me tenir éloignée de la planète Limmaraía, et de couper le filet à mon inspiration dès lors qu'elle ne concernera pas l'ami Lucien. Déjà deux soirs à me sentir toute vide de ne rien avoir à penser avant de m'endormir.

Attention, hein, j'ai suffisamment de choses en réserve pour tenir la distance sur ce blog au moins jusqu'à la rentrée (après, j'ignore ce que je deviendrai). Ca vous dirait que je vous parle de mes anciennes histoires : de la vraie Anilori, héroïne de BD de son état, ou de Moyenâgeux I et Moyenâgeux II, ou de ma Grande Saga en Neuf Episodes Dont Deux Et Demi Sont Ecrits ?

Parce que si c'est le cas, ya de quoi faire...

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Publié dans : Les remue-méninges d'Athanasis
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