Mardi 16 octobre 2007
Cela faisait un certain temps que, lassée de devoir repêcher mes lectures potentielles sous des piles précaires de vieux poches et d'entassements hétéroclites de fantasy, de linguistique et de
littérature ancienne, et devant faire appel à des trésors de mémoire à long terme pour me rappeler si tel volume était actuellement en train de prendre la poussière sur la moquette près de mon lit,
dans l'armoire de poupée avec les papiers de chocolat et de bonbons raflés en douce pendant mes fringales nocturnes, sandwiché près de la télévision entre deux achats France Loisir de maman,
jouant à cache-cache sur le canapé avec les magazines et les BD dont je me sers comme planche à dessin, annexé odieusement dans la bibliothèque familiale, ou à tout autre endroit encore, déjouant
habilement les poursuites entre deux crises de rangement arbitraire opérées par l'autorité parentale... lassée, enfin, de devoir sans cesse inventer de nouvelles stratégies d'empilement pour les
nouvelles acquisitions qui venaient périodiquement s'ajouter aux stalagmites présentes, et placée en situation critique par l'arrivée ces derniers mois d'une trentaine de volumes des Annales du
Disque-Monde, je rêvais d'une bibliothèque. Cela faisait partie, avec la télé, l'imprimante-scanner et le chat, des choses indispensables que je comptais bien acquérir dès que j'aurais Mon
Appartement.
Je n'ai toujours pas Mon Appartement, juste une chambre à la résidence de mon Ecole, et en matière de chat je me contente du spécimen familial, qui ne voit pas l'intérêt de se faire câliner s'il n'y a pas un bol de lait à l'horizon ; mais j'ai mon imprimante, et maintenant, un remaniement de chambre d'amis ayant exilé chez moi une étagère devenue surnuméraire, j'ai Ma Bibliothèque.
Et là, l'évidence saute aux yeux : une fois le tout rassemblé en un seul lieu, c'est fou comme j'ai peu de livres ! Moi qui me croyais quelqu'un de vaguement cultivé, me voilà en état de net complexe quantitatif. Cette bibliothèque est minuscule - et elle contient même quelques livres que je n'ai pas encore lus, honte à moi...
(Vous remarquerez que dans la meilleure tradition, le bibliothécaire est quelque chose qui peut se rapporter vaguement à un orang-outan. Il s'agit de Gigi, que j'ai recueilli quand mon frère n'a plus voulu jouer avec, et qui a connu à une époque un début de carrière intéressant comme héros de bande dessinée.)
D'accord, cette photo ne tient pas compte de quelques volumes que j'ai emmenés avec moi dans ma chambre de Lyon, ni des deux casiers qui contiennent ma modeste collection de livres en latin et en grec, et encore moins celui qui est rempli de livres de philosophie achetés à la pelle en khâgne dans une tentative désespérée de me remettre à niveau, et qui n'ont réussi qu'à me décourager définitivement de la matière ; et il y a aussi la petite annexe fantasy qui, de façon remarquable, se confond avec l'annexe anglophone (à part pour les deux petits tomes de Dune tout serrés dans le coin en bas à droite) et qu'on pourrait sans craindre d'exagérer qualifier aussi d'annexe Ffordo-Pratchettienne, et encore, j'en ai prêté une partie à mon frère :

Mais même en comptant toutes ces annexes, il faut bien admettre que finalement, je ne suis pas la grande lectrice que je croyais être, loin de là. Cela tient sans doute au fait que quand j'aime un livre, je suis capable de le relire dix et quinze fois sans lassitude, et que la plus grande partie des volumes de ma bibliothèque pourraient donc se multiplier par trois ou quatre s'il s'agissait du nombre de lectures effectives. Mais ce n'est pas avec ce genre de pratiques que l'on accroît sa culture.
Maintenant que je suis débarrassée de l'agreg et que je n'écris quasiment plus, il serait temps de me remettre à hanter les librairies ; je pourrais par exemple essayer de combler un peu le trou abyssal de mes connaissances en littérature classique contemporaine.
Non pas que je cherche à tout prix à jouer les intellectuelles en remplissant les étagères à tout va ; mais il est vrai que j'ai toujours été relativement complexée par rapport à mes collègues normaliens, farcis de références obscures et de culture hyperpointue.
Le problème est que, comme dans tous les autres domaines, je souffre d'une incapacité pathologique à prendre des décisions quand il s'agit de choisir mes lectures. Soit j'achète toute la librairie, soit rien du tout ; et pour des raisons évidentes, c'est le plus souvent rien du tout. Sachez que je suis preneuse de toute espèce de conseil en la matière.
Je n'ai toujours pas Mon Appartement, juste une chambre à la résidence de mon Ecole, et en matière de chat je me contente du spécimen familial, qui ne voit pas l'intérêt de se faire câliner s'il n'y a pas un bol de lait à l'horizon ; mais j'ai mon imprimante, et maintenant, un remaniement de chambre d'amis ayant exilé chez moi une étagère devenue surnuméraire, j'ai Ma Bibliothèque.
Et là, l'évidence saute aux yeux : une fois le tout rassemblé en un seul lieu, c'est fou comme j'ai peu de livres ! Moi qui me croyais quelqu'un de vaguement cultivé, me voilà en état de net complexe quantitatif. Cette bibliothèque est minuscule - et elle contient même quelques livres que je n'ai pas encore lus, honte à moi...
(Vous remarquerez que dans la meilleure tradition, le bibliothécaire est quelque chose qui peut se rapporter vaguement à un orang-outan. Il s'agit de Gigi, que j'ai recueilli quand mon frère n'a plus voulu jouer avec, et qui a connu à une époque un début de carrière intéressant comme héros de bande dessinée.)
D'accord, cette photo ne tient pas compte de quelques volumes que j'ai emmenés avec moi dans ma chambre de Lyon, ni des deux casiers qui contiennent ma modeste collection de livres en latin et en grec, et encore moins celui qui est rempli de livres de philosophie achetés à la pelle en khâgne dans une tentative désespérée de me remettre à niveau, et qui n'ont réussi qu'à me décourager définitivement de la matière ; et il y a aussi la petite annexe fantasy qui, de façon remarquable, se confond avec l'annexe anglophone (à part pour les deux petits tomes de Dune tout serrés dans le coin en bas à droite) et qu'on pourrait sans craindre d'exagérer qualifier aussi d'annexe Ffordo-Pratchettienne, et encore, j'en ai prêté une partie à mon frère :
Mais même en comptant toutes ces annexes, il faut bien admettre que finalement, je ne suis pas la grande lectrice que je croyais être, loin de là. Cela tient sans doute au fait que quand j'aime un livre, je suis capable de le relire dix et quinze fois sans lassitude, et que la plus grande partie des volumes de ma bibliothèque pourraient donc se multiplier par trois ou quatre s'il s'agissait du nombre de lectures effectives. Mais ce n'est pas avec ce genre de pratiques que l'on accroît sa culture.
Maintenant que je suis débarrassée de l'agreg et que je n'écris quasiment plus, il serait temps de me remettre à hanter les librairies ; je pourrais par exemple essayer de combler un peu le trou abyssal de mes connaissances en littérature classique contemporaine.
Non pas que je cherche à tout prix à jouer les intellectuelles en remplissant les étagères à tout va ; mais il est vrai que j'ai toujours été relativement complexée par rapport à mes collègues normaliens, farcis de références obscures et de culture hyperpointue.
Le problème est que, comme dans tous les autres domaines, je souffre d'une incapacité pathologique à prendre des décisions quand il s'agit de choisir mes lectures. Soit j'achète toute la librairie, soit rien du tout ; et pour des raisons évidentes, c'est le plus souvent rien du tout. Sachez que je suis preneuse de toute espèce de conseil en la matière.
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publié dans : Les remue-méninges d'Athanasis communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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